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Édouard Louis

 
Édouard Louis. Source: Wikipedia

Édouard Louis, né Eddy Bellegueule, est un écrivain français né le à Amiens.

Biographie

Enfance et études

Édouard Louis, né Eddy Bellegueule, grandit à Hallencourt (Somme). Il est scolarisé au collège des Cygnes à Longpré-les-Corps-Saints puis entre, en internat, en classe de seconde au lycée Madeleine-Michelis d'Amiens, où il fait partie de la section théâtre. De 2008 à 2010, il est délégué de l'académie d'Amiens au Conseil national de la vie lycéenne, puis étudie l'histoire à l'Université de Picardie, où il est remarqué par Didier Eribon.

En 2011, il entre à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm. Il y effectue une troisième année de licence, puis un master. Il en sort diplômé en 2014. Il poursuit également ses études en sciences sociales à l'École des hautes études en sciences sociales.

En 2013, il dirige l’ouvrage collectif Pierre Bourdieu. L'Insoumission en héritage aux PUF, ouvrage dans lequel l'influence de Bourdieu sur la pensée critique et sur les politiques de l'émancipation est analysée.

Il annonce en mars 2014 qu'il dirigera une collection, « Des mots », consacrée à des retranscriptions de conférences, des entretiens et des courts textes, pour cet éditeur, dont le premier volume sur Michel Foucault paraît au mois de juin de la même année, avec notamment des contributions de Georges Didi-Huberman, Leo Bersani, et Arlette Farge.

En septembre 2014, il inscrit une thèse de doctorat portant sur « les trajectoires des transfuges de classe » à l'Université de Picardie sous la direction de Didier Eribon.

En finir avec Eddy Bellegueule et premiers engagements

C’est au lycée que ses camarades commencent à l’appeler Édouard, « Eddy » ne pouvant être pour eux qu’un diminutif. En 2013, il obtient de changer de nom et devient Édouard Louis, en prenant comme prénom le surnom qu’on lui donne depuis le lycée, et comme nom le prénom du héros de la pièce de théâtre Juste la fin du monde, également second prénom d’un ami.

En janvier 2014, il publie En finir avec Eddy Bellegueule, un roman à forte dimension autobiographique. Très commenté dans les médias, traduit dans une vingtaine de langues et largement salué pour ses qualités, le livre donne lieu aussi à plusieurs polémiques, notamment sur la manière dont il dépeint sa famille et son milieu social d'origine.

En juillet 2014, Édouard Louis signe avec Geoffroy de Lagasnerie dans le quotidien Libération un appel contre la participation de Marcel Gauchet invité à faire la conférence inaugurale des Rendez-vous de l'Histoire de Blois. L'appel suscite de vives critiques et commentaires ironiques,,,,,, mais reçoit le soutien de plusieurs intellectuels et artistes dans un manifeste rendu public peu après.

Dans Le Monde daté du 27-28 septembre 2015, il signe toujours avec Geoffroy de Lagasnerie un manifeste intitulé « Intellectuels de gauche, réengagez-vous ! »,. Volontairement polémique, le texte condamne le silence voire la fascination de la gauche face à la montée de l'extrême droite, et fustige le champ médiatique laissé libre aux intellectuels jugés réactionnaires.

De manière générale, Édouard Louis intervient régulièrement dans le champ politique avec Geoffroy de Lagasnerie. En 2016, ils adressent une lettre ouverte à Manuel Valls, dans laquelle ils l'accusent de ne pas essayer de comprendre les causes du terrorisme. Il était également signataire en octobre 2015 de l'« appel des 800 » en faveur d'un accueil des migrants plus respectueux des droits humains et il participe à la conférence de presse organisée à cette occasion au Louxor, à Paris, aux côtés de Laurent Cantet, Arnaud Desplechin, Catherine Corsini, Rachida Brakni et de plusieurs autres cinéastes, artistes et intellectuels. En 2015, il est classé par le magazine Les Inrockuptibles parmi les cent créateurs qui, dans tous les domaines, « réinventent la culture ».

Histoire de la violence et Qui a tué mon père

Dans Histoire de la violence (2016), Édouard Louis raconte le viol dont il aurait lui-même été victime un soir de Noël pour analyser les origines et les causes de la violence. En revenant sur le passé de son agresseur, Reda, son enfance, la pauvreté dans laquelle il a vécu, mais aussi sur le passé colonial de la France, Édouard Louis cherche à comprendre, et même à excuser la violence à l'œuvre dans son livre. Il déclare : « si excuser veut dire mettre les gens hors de cause, montrer que les causes sont ailleurs que dans les individus, [...] dans des forces historiques plus grandes qu’eux, alors je n’ai pas de problème avec ça oui, et j’excuse ». Dans le cadre de l'instruction de la plainte pour viol déposée par Edouard Louis, le parquet vient de demander la requalification des faits en agression sexuelle. Qualifié de « maîtrisé et bouleversant » par Le Monde, « encore plus fort » que son premier roman selon Les Inrocks, le livre est aussi sévèrement attaqué, notamment par Marianne qui note la complaisance de l'auteur à l'égard de la violence. Dans Libération, Philippe Lançon critique une « lourdeur du style » (« kitsch naturaliste, tournant au procédé »). Slate.fr voit pour sa part dans le roman un chantage à la sociologie et « une autofiction qui sent bon la prolophobie », marquée par un « déterminisme extrême » et un « charabia intellectuel ».

En mai 2018, Édouard Louis sort son troisième ouvrage, Qui a tué mon père. Il revient dans ce récit sur la relation avec son père, dont on apprend qu'il a quitté la Picardie, qu'il souffre terriblement des séquelles d'un accident de travail, et qu'il a cessé de voter pour le Front national. Le livre s'achève en réquisitoire contre la violence physique des politiques qui touchent, selon l'auteur, les plus vulnérables.

Prises de position

Édouard Louis se revendique de gauche, déclarant : « En France, « intellectuel de droite » reste un oxymore, mieux : une impossibilité. Et on ne peut que s’en réjouir ». Il ramène régulièrement ceux qui le critiquent à l'« extrême droite ».

Pour le socialiste libertaire Jean-Claude Michéa, il fait partie des « groupies particulièrement enthousiastes du modernisme libéral ».[pertinence contestée]

En 2018, Édouard Louis dénonce la « violence de la bourgeoisie » à l'égard des Gilets jaunes.

Il soutient la liste de La France insoumise, conduite par Manon Aubry, aux élections européennes de 2019.

Œuvres

Romans

  • En finir avec Eddy Bellegueule, Éditions du Seuil, 2014
  • Histoire de la violence, Éditions du Seuil, 2016
  • Qui a tué mon père, Éditions du Seuil, 2018

Autres

  • Édouard Louis (dir.), Annie Ernaux, Didier Eribon, Arlette Farge, Frédéric Lordon, Geoffroy de Lagasnerie et Frédéric Lebaron, Pierre Bourdieu : L'Insoumission en héritage, Paris, PUF, , 192 p. (ISBN 978-2-13-061935-2)
  • Foucault contre lui-même : François Caillat (réal), Édouard Louis (conseiller spécial), avec Geoffroy de Lagasnerie, Arlette Farge, Didier Eribon, DVD, Ina Éditions, Arte, The Factory, 2014

Distinctions

Notes et références

Liens externes

  • Blog d'Édouard Louis
  • Portail de la littérature française
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Source : Article Édouard Louis de Wikipédia

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