Infos

Médiathèque Municipale de Corbas

Ouvrira à 09:00

5 avenue de Corbetta
69960 Corbas

04.72.51.45.55

Renaud

 
Renaud. Source: Wikipedia

Renaud Séchan, dit Renaud, né le à Paris, est un auteur-compositeur-interprète français.

Avec vingt-trois albums totalisant quasiment vingt millions d'exemplaires vendus, Renaud est l'un des chanteurs les plus populaires en France et l'un des plus connus dans la francophonie. Ses chansons, aux textes volontiers émaillés d'argot, abordent des thèmes aussi bien légers que graves, faisant alterner humour, émotion et critique sociale.

Il s'est lui-même surnommé « le chanteur énervant » en raison de ses multiples engagements pour des causes comme les droits de l'homme, l'écologisme ou l'antimilitarisme qui transparaissent fréquemment dans ses chansons. Bien que ses positions aient pu en certaines occasions susciter la polémique, il est devenu au fil des années l'un des Français les plus populaires.

Il a également joué dans quelques films, notamment en 1993 dans l'adaptation de Germinal par Claude Berri.

Biographie

Enfance et adolescence (1952-1968)

Renaud Pierre Manuel Séchan naît le à h 30, dans le 15e arrondissement de Paris, 10 minutes après son frère David. Sa maman a choisi le prénom Renaud, parce que sa grand-mère et sa mère lui chantaient La complainte du Roi Renaud, et elle trouvait cela tellement triste qu'elle pleurait à chaque fois.

Son père, Olivier (1911-2006), professeur d'allemand et de néerlandais, traducteur et auteur de romans policiers et de livres pour enfants, est originaire d'une famille protestante des Cévennes. Il a reçu le prix des Deux Magots en 1942 pour Les corps ont soif et a travaillé pendant la Seconde Guerre mondiale à Radio Paris (radio collaboratrice) comme traducteur. Il a donné à Renaud le goût de l'écriture, l'amour de la vérité et une éducation protestante puritaine.

Sa mère, Solange Mériaux (1922-2019), née dans une famille de mineurs du Nord, était ouvrière dans une usine de Saint-Étienne avant de devenir femme au foyer lorsqu'elle se marie à 20 ans. C'est elle qui choisit le prénom Renaud. Au démarrage de la vie artistique de Renaud, elle travaille alors comme secrétaire chez Leica à Rueil-Malmaison. Elle lui a apporté chaleur, simplicité des rapports et l'amour de la rue.

Renaud est le sixième des huit enfants qu'a eu son père. Il a deux frères : David, un faux jumeau et l'écrivain Thierry Séchan (1949 - 2019), ainsi que deux sœurs : Nelly, née en 1947, et Sophie, née vers 1961 ; il a aussi deux demi-soeurs: Christine, née en 1941 et Catherine, décédée en 1939, ainsi qu'un demi-frère, Nicolas, né en 1935, enfants de son père Olivier et de sa première épouse, Renée Vincent, née en 1913, et décédée avec Nicolas dans un bombardement américain, lors du Débarquement de Normandie, le à Falaise. C'est à 12 ans, en 1964, que Renaud découvre que sa sœur Christine est en fait sa demi-sœur, et à 64 ans, en 2016, lorsqu'il veut voir la tombe de son demi-frère Nicolas et de Renée Vincent, qu'il découvre qu'il avait une autre demi-sœur, Catherine, décédée le d'une maladie infantile,,

Son grand-père paternel, Louis Séchan, était un helléniste français renommé, professeur à la faculté des lettres de Paris, auteur de divers ouvrages et dont l'épouse, Isabelle Bost, était, par son père, la petite-fille d'Ami Bost et la nièce de John Bost et, par sa mère, la nièce de Louisa Siefert (arrière-grand-tante de Renaud), qui connut Arthur Rimbaud.

Son grand-père maternel, Oscar Mériaux, mineur après avoir quitté l’école à l'âge de 13 ans, fut d'abord membre du Parti communiste, puis le quitta en 1937, déçu après un voyage en Union soviétique en 1932 [réf. nécessaire]. Il rejoignit ensuite le Parti populaire français, parti fondé par Jacques Doriot, et fit un an de prison à la Libération pour faits de collaboration.

À ce double héritage culturel s'ajoutent également deux tendances musicales : sa mère écoute de la chanson populaire allant de Fréhel à Maurice Chevalier ou Édith Piaf, alors que son père est amateur de musique classique et de chanson française à textes, notamment Georges Brassens.

Renaud emménage dans le 14e arrondissement de Paris, rue Monticelli, chez ses grands-parents paternels, Louis et Isabelle, dans un immeuble de la Régie immobilière de la ville de Paris, réservé aux enseignants. Ils sont sept pour se partager deux pièces, puis son père étant professeur et son grand-père, un illustre universitaire, la famille obtient assez rapidement un grand appartement dans le même carré d'immeuble de la RIVP, au cinquième étage du 6 avenue Paul-Appell. Son école maternelle se trouve rue Sarrette et son école élémentaire, rue Prisse-D'Avennes.

Vers 10-12 ans, il écrit des romans sur la machine à écrire de son père, découvre la vague yéyé et les Beatles. Vers 14-15 ans, il écoute le chant de révolte de Hugues Aufray, qui devient sa première idole, Bob Dylan puis Joan Baez, Leonard Cohen, Donovan, Sullivan. En 1966, il découvre Antoine dont les thèmes le touchent, et commence la guitare. Mais il copie plutôt le style vestimentaire d'un autre chanteur : Ronnie Bird.

Malgré certaines aptitudes, notamment en français, Renaud manifeste très peu d'intérêt pour les études, avec un dégoût particulier pour les cours de gymnastique dont le côté militaire l'énerve déjà. En 1963, Renaud et son frère entrent en sixième au lycée Gabriel-Fauré dans le 13e arrondissement où leur père enseigne l'allemand. À partir de là, les résultats de Renaud commencent à baisser, notamment en mathématiques ; il préfère s'intéresser aux boums, aux filles, et aux mobylettes[source insuffisante]. Il commence à sécher les cours, préfère aller écrire des poèmes devant les statues du jardin du Luxembourg. En 1965, il échoue au BEPC et doit redoubler sa troisième mais le lycée Gabriel-Fauré refuse de le garder malgré l'influence de son père. Il intègre ainsi le lycée Montaigne à la rentrée 1967 sans plus de succès dans ses résultats.

Plutôt que par les études, Renaud se sent bien plus attiré par la politique. Dès 1962, il s'intéresse aux réactions et manifestations pacifistes métropolitaines durant la guerre d'Algérie, auxquelles ses parents ont participé, et est profondément choqué par les évènements du métro Charonne et par l'explosion de deux bombes de l'OAS près des appartements de la famille Séchan. En 1966, il fait ses premiers pas de militant en rejoignant le MCAA (Mouvement Contre l'Arme Atomique), animé par Jean Rostand. Dans son nouveau lycée, à l'atmosphère plus politisée, il se lie à d'autres camarades du même bord politique que lui avec qui il part provoquer les étudiants de la faculté de droit d'Assas toute proche et ses militants d'extrême droite. Par l'intermédiaire de ses amis, il s'approche des milieux maoïstes et trotskistes. Cette rébellion lui vaut quelques heurts avec son père. Il crée un Comité Viêt Nam dans son lycée pour protester contre la guerre du Viêt Nam, en 1967, et fréquente assidûment les « Amitiés franco-chinoises ».

En mai 1968, avec son frère Thierry, Renaud vit pendant trois semaines dans la Sorbonne occupée, participant aux manifestations et barricades.

Débuts dans la musique (1968-1977)

Pendant mai 1968, il participe à la création du groupe Gavroche révolutionnaire qui ne fait guère d'émules. Il récite aussi des sketchs de Guy Bedos, ce sont ses premiers pas sur scène. C'est par ailleurs dans l'un des amphithéâtres de la Sorbonne que Renaud croise Évariste, chanteur passé des studios à l'autoproduction, qui chante en s'accompagnant de sa guitare une chanson écrite par lui-même. Il découvre alors l'écriture de chansons, et rédige sa première : Crève salope qui a un franc succès auprès des autres étudiants. Deux autres chansons, C.A.L. en Bourse et Ravachol, suivent rapidement, encore inédites à ce jour.

En août 1968, suivant le Zeitgeist qui souffle sur l'Europe et les États-Unis, il fonde avec quelques amis une communauté anarchiste sur le Mont Lozère, dans les Cévennes, rapidement délogée par la gendarmerie. Ses parents l'inscrivent alors dans une classe de seconde artistique du lycée Claude Bernard, au milieu du quartier de la porte d'Auteuil, dont l'environnement, bourgeois comme celui de sa famille, mais auquel manque la distanciation de celle-ci, l'exaspère. Il retrouve ses amis de Montaigne au « Bréa », bistrot proche de son ancien lycée qu'il continua de fréquenter par la suite.

En avril 1969, il arrête ses études, s'installe dans une chambre de bonne, et entre dans la vie active comme magasinier puis vendeur à la Librairie 73 au boulevard Saint-Michel durant deux ans. Il profite de ses temps libres pour lire autre chose que ce que lui a imposé l'école : Vian, Prévert, Maupassant, Zola, Bruant, Céline… À cette époque, il chante encore uniquement pour amuser ses amis ou draguer. Les chansons sont de lui, mais aussi d'Hugues Aufray ou de Bob Dylan. Au bout de quelques mois il peut s'acheter une première moto avec laquelle il rencontre ses premiers amis « loubards » et fréquente les bandes d'Argenteuil, de République et de Bastille. Ils l'influencent davantage que par le port du cuir et Renaud reconnaît avoir alors failli mal tourner. Avec eux il connaît les bagarres, qu'il préfère tout de même éviter, et va jusqu'à se laisser entraîner dans quelques larcins mais, songeant à ce qu'en penserait sa mère, refuse d'aller plus loin.

En 1971, en vacances à Belle-Île-en-Mer, il rencontre Patrick Dewaere dans une soirée qui le fait entrer comme comédien au Café de la Gare (à Paris) pour remplacer un acteur au physique similaire parti aux États-Unis. Pendant quelques mois, tout en restant libraire la journée, il joue avec Coluche, Miou-Miou, Romain Bouteille, Henri Guybet, Sotha et, bien sûr, Patrick Dewaere, notamment dans Robin des quoi ? de Romain Bouteille. Il rend finalement sa place à l'acteur à son retour, plus tard remplacé par Gérard Depardieu. Renaud pense alors avoir trouvé sa vocation : comédien.

Il est exempté comme bien des baby boomers du service militaire, ayant eu un demi-frère décédé lors des bombardements de la Seconde Guerre mondiale et ses trois frères précédents ayant été exemptés pour d'autres motifs[réf. nécessaire]. En 1972, licencié de la Librairie 73, à cause de ses retards successifs, Renaud quitte Paris pour s'installer à Avignon. Il en revient au bout de cinq mois, face au peu d'avenir que lui offre la ville dans les carrières artistiques qu'il envisage, et après avoir effectué de multiples petits boulots allant de plongeur à représentant en ouvrages pornos.

En 1973-1974, dans sa période dandy où il fréquente les hauts lieux de Montparnasse, il continue les petits boulots, prend des cours d'art dramatique, et joue quelques petits rôles dans des séries télévisées, des petits films… N'ayant pas été retenu lors d'une audition sur scène pour jouer de la musique au Don Camilo, il commence à chanter dans les rues et les cours d'immeuble du côté de la porte d'Orléans, rejoignant un copain accordéoniste, Michel Pons, fils du patron de son bistrot favori le « Bréa ». Il y chante le Paris populaire qu'il affectionne à travers les chansons de Bruant principalement ou de simples bals musette. Son répertoire s'élargit avec ce qu'il écrit et compose lui-même. L'idée est de faire revivre la tradition des accordéonistes qu'il avait vus faire la manche dans son enfance. La recette obtient un certain succès : « Jusqu'au jour où, en 1973-1974, j'ai franchi le pas j'ai rencontré un copain qui jouait de l'accordéon. Je le considérais a priori comme un ringard, avec son instrument, et le voilà qui commence à jouer devant moi et qui entame quelques notes derrière mes mélodies, à chanter, à grattouiller sur ma guitare. J'ai eu envie de faire la manche avec lui. J'ai trouvé sa démarche originale, différente de celle des gratteux qui jouaient les « Dylan » aux terrasses des cafés. Je lui ai proposé de chanter dans les cours d'immeubles de la périphérie, du côté de la porte d'Orléans, où, enfant, j'avais vu des gitans, des montreurs d'ours, des violonistes, des accordéonistes qui venaient faire la manche. J'ai voulu faire revivre cette tradition. »

En 1974 alors que Coluche donne son premier spectacle au nouveau Café de la Gare rue du Temple, Renaud, Michel et leur guitariste Bénédicte Coutler décident de jouer dans la cour pour les 500 personnes de la file d'attente, où ils se font remarquer par Paul Lederman, le producteur de Coluche, qui leur propose de venir jouer au Caf'conc' de Paris, en première partie du spectacle de Coluche. Leur groupe est appelé les P'tits Loulous. Engagés pour trois mois, le groupe ne dure que trois semaines car Michel doit partir effectuer son service militaire. Encouragé par Lederman, Renaud continue seul en chantant ses propres chansons (Hexagone, Camarade bourgeois…). C'est là qu'un soir de 1975, deux producteurs, Jacqueline Herrenschmidt et François Bernheim l'entendent et lui proposent de faire un disque. Renaud, qui avait déjà refusé une proposition de Lederman - il entend toujours faire acteur - est peu enthousiasmé par la proposition mais accepte tout de même. Son premier 33 tours, Amoureux de Paname, sort en mars 1975. Jean-Louis Foulquier est le premier à l'inviter à son émission Studio de nuit. Lors de son premier passage télévisé, à Midi Première chez Danièle Gilbert, il joue Camarade Bourgeois. Avec 2 200 exemplaires vendus, Amoureux de Paname lui vaut un succès d'estime qui lui permet de chanter dans des MJC et de faire quelques dates, faiblement rémunérées, en France et en Belgique. La chanson Hexagone, qui brocarde la France d'alors (qu'il accuse de fascisme en le comparant à la « gangrène » qui sévit « à Santiago comme à Paris », allusion au régime de Pinochet), est interdite d'antenne sur France Inter pendant la visite du pape en France.

Lucien Gibara, directeur d'un café-théâtre appelé La Pizza du Marais (futur théâtre des Blancs-Manteaux), où se sont déjà produits des chanteurs tels Bernard Lavilliers et Maxime Le Forestier, écoute l'album Amoureux de Paname et souhaite programmer Renaud dans son fief pour partager l'affiche avec un autre jeune chanteur qui aura une carrière plus discrète Yvan Dautin. Renaud accepte, doublé d'un emploi de barman et plongeur, trouvant tout de même le temps pour prendre l'inspiration auprès de petits loubards, fréquentant « la zappi », comme les amis de la famille Séchan et ces derniers surnommaient ce lieu à l'époque. En juin 1975, il partage donc l'affiche avec Yvan Dautin à La Pizza du Marais devant un petit public comprenant les déjà célèbres Julien Clerc et Maxime Le Forestier. Il y rencontre la même année Dominique, sa future épouse, à l'époque mariée avec Gérard Lanvin,. Renaud se moque de celui-ci dans une première chanson intitulée Les aventures de Gérard Lambert. Peu après, le chanteur réussit à séduire Dominique et le divorce avec Lanvin est alors prononcé. Il y fait aussi la connaissance de Bernard Lavilliers qui essaye de percer comme lui. Mais Renaud ne croit toujours pas à une quelconque carrière et continue de faire le figurant dans des petits feuilletons ou le mécanicien dans un magasin de motos. Début 1977, il joue même plusieurs soirs dans Le Secret de Zonga, une pièce de Martin Lamotte au café-théâtre La Veuve Pichard.

Cette époque marque le renoncement à son image de titi parisien et le début de Renaud le loubard : pour son second album, il troque sa casquette de marlou et les chemisettes pour des santiags et un perfecto de cuir. S'ensuivent quelques concerts en province, où le chanteur est très demandé à la suite d'Amoureux de Paname, et où il rode certaines des chansons qui composeront l'album suivant.

Période loubard (1977-1982)

Avec les mêmes producteurs qu’Amoureux de Paname (Jacqueline Herrenschmidt et François Bernheim), Renaud sort son deuxième album Laisse béton en 1977 où il abandonne son image de titi parisien (qu'il trouve trop folklorique) pour celle du gentil loubard au blouson de cuir, image qu'il durcit jusqu’à l'album Marche à l'ombre. Renaud a plus de liberté pour cet album. Il impose ses musiciens, la pochette et la chanson Les Charognards que ses producteurs refusaient pour « apologie du gangstérisme » (il n'avait pas réussi à leur imposer une chanson contre Franco sur l'album précédent, qui fut transformée en Petite fille des sombres rues). Nettement plus soigné, Laisse béton se vend modestement mais la chanson-titre devient vite un tube dans les premiers mois de 1978 et le grand public découvre le chanteur Renaud.

Fin 1977, au cours de l'émission Studio de Nuit de Jean-Louis Foulquier, sur France Inter Jacques Erwan (journaliste) et Alain Meilland (cofondateur avec Daniel Colling du Printemps de Bourges) vont lui proposer un premier passage à ce nouveau festival consacré à la chanson française. Ce nouveau venu dans la chanson triomphe au Printemps de Bourges en avril 1978, accompagné par le groupe Oze. La chanson Hexagone fait partie du double album compilation et Renaud restera très attaché à ce festival qui le programmera souvent.

Son image de loubard amène aux concerts un public de voyous auquel il n'avait jusqu'alors pas été habitué. Le 30 juin, Renaud remporte le premier prix au Festival de Spa, en Belgique, avec Chanson pour Pierrot. La vente du single Laisse béton atteint les 300 000 exemplaires et l'album se vend à 200 000 exemplaires. Cette soudaine célébrité l'amène à se poser des questions sur l'influence qu'il peut avoir. Les médias commencent à lui coller l'étiquette de loubard alors qu'il refuse de se limiter à cet aspect. En effet, Renaud n'attribue pas à ses chansons de zonard un côté autobiographique mais une manière de faire connaître les problèmes de ces gens qu'il a connus. Pour se « démystifier » aux yeux du public, il termine tous ses spectacles par Peau Aime qui se retrouve sur son album suivant. La boîte de production ayant fait faillite, Polydor rachète le contrat de Renaud, qui dispose d'un contrat moins léonin.

Troisième album de Renaud, Ma gonzesse sort en janvier 1979. Dans la lignée du précédent, Renaud se dévoile néanmoins plus sensible et adepte de l'autodérision. C'est mon dernier bal est interdite d'antenne. En mars, il affronte sa première grande salle parisienne : le Théâtre de la Ville, salle de huit cents places où il joue à guichets fermés cinq soirs de suite. Avec le succès croissant, arrivent les premières controverses. Maintenant que le chanteur a gagné beaucoup d'argent et qu'il se met à faire des chansons sentimentales, son image de loubard rebelle ne colle plus vraiment et certains, comme Rock & Folk, le voient déjà récupéré par la société de consommation. De plus, la famille d'intellectuels du côté de son père lui vaut d'être traité de bourgeois. Ces critiques énervent Renaud qui promet un prochain album « d'une violence noire ».

En 1980, Renaud publie chez l'éditeur à réputation révolutionnaire Champ libre, un recueil des paroles de ses chansons intitulé Sans zikmu. La relation avec l'éditeur tournera court à la suite d'un échange de lettres où Gérard Lebovici reproche à Renaud sa complaisance avec des médias staliniens et le fait qu'il n'ait pas écrit de chanson sur Mesrine lorsqu'il était encore en vie.

L'album suivant, Marche à l'ombre, sorti en janvier 1980, est dédié, entre autres, à Paul Toul (pseudonyme de Jacques Mesrine), criminel français des années 1970, tué par la police. Plus violent et plus sombre (Baston, La Teigne, Marche à l'ombre, Mimi l'ennui…) sans être dénué d'humour, l'album obtient un fort succès. Renaud a abandonné son groupe de scène pour une équipe de musiciens professionnels comme Jean-Philippe Goude. Gérard Lambert, personnage central de la chanson Les aventures de Gérard Lambert, devient un vrai phénomène. Plus préjudiciable, Où c'est qu'j'ai mis mon flingue ? s'en prend violemment à toutes les critiques qu'il a pu recevoir et lui attire les foudres du Parti communiste français. La même année, Renaud est applaudi par le public et par la presse à Bobino dont Polydor met en vente un double album live Renaud à Bobino. La première partie du spectacle, qui était, elle aussi, assurée par Renaud, sort en album sous le titre Le P'tit Bal du samedi soir et autres chansons réalistes. Renaud y chante de vieilles chansons du siècle précédent, accompagné par l'accordéoniste Joss Baselli.

Avec Le Retour de Gérard Lambert, enregistré fin 1981, Renaud commence à délaisser son blouson noir, transition entre Marche à l'ombre et Morgane de toi. Devenu père d'une petite Lolita le 9 août 1980, 8 jours après son mariage avec Dominique, Renaud préfère s'éloigner de la violence. Cependant, les ventes n'égalent pas celles de Marche à l'ombre malgré la présence de deux titres phares, Manu et La Blanche, et d'une chanson signée Coluche, Soleil immonde. En novembre 1981, sort Les Aventures de Gérard Lambert, une BD scénarisée par Renaud et dessinée par Jacques Armand. Fin 1982, Renaud fait, sans le savoir, ses adieux au loubard sur la scène de l'Olympia. Un double album live intitulé Un Olympia pour moi tout seul est édité à l'occasion de ce concert.

Paternité et succès (1982-1990)

Inspiré par des amis et par la lecture des récits des voyages d'Antoine, aspirant à fuir un peu la surmédiatisation, Renaud découvre la mer et prend le large avec son bateau, le Makhnovchtchina. L'épopée avec son épouse et son enfant dure entre septembre 1982 à mars 1983. Il en tire son Chant de marins tube Dès que le vent soufflera avec son fameux « Tatatin » mais l'expérience se révèle finalement décevante, Dominique et Lolita étant sujettes au mal de mer par mauvais temps, aussi offre-t-il son bateau quelques années plus tard à son beau-frère qui le revendra. Pour Morgane de toi, sorti en 1983, Renaud part pour Los Angeles et s'entoure de musiciens américains renommés, comme le guitariste Albert Lee. Cet investissement n'est pas vain car Morgane de toi se vend à plus d'un million d'exemplaires en quelques mois. Deux chansons y sont dédiées à sa fille, inaugurant une longue tradition qui se poursuit sur tous les albums suivants. Serge Gainsbourg réalise le premier clip de Renaud sur Morgane de toi. Renaud a définitivement cassé son image : moins agressif, plus écolo, un blouson en jean à la place du blouson de cuir. Il conserve cependant les santiags et le bandana rouge.

En 1981, Renaud représente 45 % du chiffre d'affaires de Polydor. Mais, ne se sentant pas soutenu par sa maison de disques, il ne renouvelle pas son contrat après Morgane de toi. Il signe chez Virgin pour 18 millions de francs, une somme record pour l'époque. Il fonde alors son label, Ceci-Cela, ainsi qu'une maison d'édition Mino Music et Encore merci qui s'occupe du merchandising. Il joue au Zénith de Paris, qui vient juste d'être inauguré, du 17 janvier au , puis effectue une tournée qui se termine au Printemps de Bourges. Entre le 10 et le 20 juillet, il part à la rencontre de son public québécois et réunit 40 000 personnes au cours de ses six concerts en Amérique du Nord. Le 8 septembre, malgré ses relations en froid avec le PCF, il chante en vedette à la Fête de l'Humanité, revenant ainsi sur ses prises de position passées pas plus tard qu'au début de l'année, afin de bien montrer qu'il s'oppose à la droite.

L'année 1985 est une année mouvementée pour Renaud. En février, la chanteuse Valérie Lagrange lui propose d'écrire une chanson pour l'Afrique. À l'époque en effet, une sécheresse sans précédent sévissait en Éthiopie depuis plusieurs années, faisant des milliers de victimes. Des musiciens africains et des artistes d'Amérique du Nord comme Michael Jackson (We Are the World), ou Bob Geldof (chanteur britannique du groupe The Boomtown Rats et organisateur du Live Aid 1985) avaient déjà réalisé des disques de solidarité mais en France, rien n'avait été fait. Valérie Lagrange voit en Renaud le catalyseur idéal pouvant faire bouger les artistes. Après quelques hésitations, il accepte, écrit une chanson sur une musique de Franck Langolff et réunit une trentaine d'artistes (parmi lesquels Francis Cabrel, Jean-Jacques Goldman, Jacques Higelin, Coluche, Julien Clerc, Alain Souchon…). Le disque dépasse rapidement le million d'exemplaires (1 724 000 exactement, 8e single le plus vendu en France) et rapporte plusieurs millions de francs à Médecins sans frontières, l'association bénéficiaire de l'opération. Le concert des Chanteurs sans frontières organisé par la suite à La Courneuve est cependant bien moins réussi.

En août, contacté par le Festival mondial de la jeunesse et des étudiants, Renaud part donner une série de concerts à Moscou, en URSS. Séjour encadré mais globalement positif, Renaud se réjouissant d'affronter un public non francophone, jusqu’à l'incident du parc Gorki : devant dix mille personnes (triées sur le volet), Renaud entame sa chanson pacifiste Déserteur. Des projecteurs éclairent soudainement les gradins, trois mille spectateurs se lèvent en même temps et quittent la salle. Incident prémédité, probablement par une faction dirigeante peu encline à cette ouverture vers l'Occident, dont Renaud, fils de communistes fervents, sort profondément blessé. Ce séjour soviétique modifie sa vision du pays et lui inspire la chanson Fatigué (paru ensuite dans le futur album Mistral gagnant) qu'il avait ébauchée le jour même devant l'hôtel Ukraine. Épuisé moralement et physiquement, il quitte l'URSS pour l'enregistrement de son album suivant à Los Angeles.

Arrivé dans les bacs en décembre et lancé au Québec le 20 janvier 1986, Mistral gagnant sent la désillusion (Fatigué), la désespérance (Morts les enfants, P'tite Conne — chanson dédiée à Pascale Ogier, la fille de l'actrice Bulle Ogier) —, la nostalgie de l'enfance (Mistral gagnant), traduisant ainsi les derniers mois difficiles durant lesquels Renaud écrivit les chansons de l'album. Le titre Miss Maggie — écrit après le drame du Heysel — se veut d'abord un hommage aux femmes, qu'il considère incapables d'être aussi violentes que les hommes, et se transforme en pamphlet contre Margaret Thatcher. L'offensive contre le Premier ministre du Royaume-Uni déclenche une polémique en Angleterre. L'accueil enthousiaste du public (plus d'un million d'exemplaires vendus) et de la critique favorable à ce disque « inquiet » redonne confiance à Renaud pour sa prochaine prestation pendant un mois au Zénith début 1986. 180 000 personnes y assistent. Le décor, un bateau, le Karaboudjan, Le Crabe aux pinces d'or. Sa tournée Le Retour de la Chetron Sauvage est un franc succès. Par ailleurs, un recueil de ses chansons et dessins, préfacé par Frédéric Dard, lui vaut d'être invité par Bernard Pivot dans l'émission Apostrophes, reconnaissance officielle de ses talents d'écrivain.

Si sa vie d'artiste est comblée, ce n'est pas le cas de sa vie personnelle. Renaud s'enfonce doucement dans la déprime : par la remise en question de ses engagements (qui a commencé depuis Morgane de toi), par le temps qui passe… et par les premiers deuils. Le , la mort brutale de son ami Coluche l'affecte gravement. En 1988, Renaud dédie son nouvel album Putain de camion à Marius et à Romain, les fils de Michel et Véronique Colucci. La chanson-titre de l'album est d'ailleurs un hommage à celui qui fut le parrain de sa fille Lolita. L'album sort sans promotion, décision qui a un effet sensible sur les ventes : 800 000, soit deux fois moins que le précédent. L'album obtient malgré tout en 1989 plusieurs prix.

En 1989, Renaud organise un grand concert gratuit place de la Bastille à Paris, Ça suffat comme ci avec Johnny Clegg et la Mano Negra, conçu par l'écrivain Gilles Perrault et la LCR en réponse au sommet du G7 à Paris. La même année sort un double album live, Visage pâle rencontrer public, Renaud tour 89 témoignage d'une tournée avec, pour décor, un arbre géant.

En 1990, le chanteur écrit six titres pour le second album de Vanessa Paradis, sur des musiques de Franck Langolff. Mais, entre-temps, Vanessa Paradis rencontre Serge Gainsbourg qui tient absolument à écrire l'intégralité de Variations sur le même t'aime. Il s'entretient avec Renaud pour le supplier de se retirer du projet. Le chanteur se voit contraint de « mettre à la poubelle » les six maquettes déjà enregistrées pour Vanessa Paradis.

L'Irlande, le Nord et la Belle de Mai (1991-1995)

En 1991 arrive l'album Marchand de cailloux, enregistré au Studio Sarm West à Londres durant la première guerre du Golfe contre laquelle Renaud a milité (on peut lire au dos du disque « enregistré pendant leur sale guerre »). Avec des chansons pacifistes, de pêche à la ligne (Tant qu'il y aura des ombres) ainsi que sur les dirigeants socialistes qui l'ont tant déçu (Tonton, Le tango des élus), l'album se vend un peu moins bien que Putain de camion (565 000 exemplaires) mais obtient un Grand Prix de l'Académie du disque Charles Cros. Le clip de P’tit voleur est tourné avec Emmanuelle Béart.

En mai 1992, il chante cinq semaines durant au Casino de Paris, cette fois sans décor exorbitant. En juillet 1992, il fait partie de l'équipe qui relance Charlie Hebdo, et devient actionnaire du titre. Il arrête sa chronique Renaud bille en tête en décembre 1993 pour se consacrer à l'enregistrement de À la Belle de Mai. Il recommence entre janvier 1995 et juillet 1996 avec Envoyé spécial chez moi. Il consacre le reste de l'année 1992 au tournage de Germinal où il joue le rôle d'Étienne Lantier aux côtés de Gérard Depardieu, Miou-Miou et Jean Carmet. En 1980, dans la loge de Bobino, le réalisateur Claude Berri lui avait en effet promis qu'un jour il lui trouverait un rôle au cinéma. Même s'il aurait préféré un petit rôle, Renaud accepte en tant que petit-fils de mineur (Oscar, inspiration de la chanson homonyme dédiée à celui qui lui a donné son foulard rouge et sa fameuse gâpette). Il apprécie beaucoup Claude Berri et l'expérience de tournage, assez difficile, tout en déplorant que certaines scènes représentant des semaines de travail aient été coupées au montage. Claude Berri lui déclara qu'il aurait pu incarner François Villon,. Comme en prélude à la sortie du film, Renaud enregistre début 1993 Renaud cante el' Nord, album de reprises de chansons ch'ti. Au cours des six mois de tournage de Germinal, Renaud a pu découvrir le folklore des gens du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais et, par amour de ces gens qu'il considère d'une grande générosité, a décidé de le chanter. L'album lui vaut sa première Victoire de la musique en 1994 dans la catégorie « Album de musique traditionnelle » et se vend à 350 000 exemplaires, alors que Renaud pensait qu'il n'intéresserait que les gens du Nord. Toujours en 1994, il sort un conte pour enfants La petite vague qui avait le mal de mer.

Suit en novembre 1994, À la Belle de Mai (du nom d'un quartier marseillais), enregistré à son domicile, entièrement acoustique. Renaud privilégie plus les coups de cœur que les coups de sang : il chante son admiration pour Che Guevara, Zapata ou Pancho Villa. Trois musiques sont signées par son ami Julien Clerc et les arrangements sont dirigés par l'accordéoniste Jean-Louis Roques dont l'influence musicale a pris de plus en plus d'importance depuis 1978. L'album atteint les 585 000 exemplaires, porté par les titres C'est quand qu'on va où ?, La médaille, Mon amoureux et À la Belle de Mai. Le concert ainsi que la tournée qui suivit sont enregistrés sur le double album live Paris-Provinces Aller/Retour et sur VHS. À partir du , peu avant l’élection présidentielle en France, Renaud se produit à la Mutualité, symbole des grands meetings de la gauche. Durant l'hiver 1995, il avait effectué une tournée en Bosnie avec Charlie Hebdo et Philippe Val. Cette même année, Renaud enregistre un album reprenant vingt-trois chansons de Georges Brassens : Renaud chante Brassens.

Mais pour Renaud (et surtout pour ses maisons de disques), cette année 1995 est aussi l'année des compilations. Polydor et Virgin, ses deux maisons de disques, sortent coup sur coup The meilleur of Renaud 1975-1985, The meilleur of Renaud 1985-1995 et une double compilation The Very Meilleur of Renaud (1975/1995), l'ensemble se vend à 800 000 exemplaires. Puis en novembre sort L'Intégrale Renaud (Coffret 18 CD : Renaud - Intégrale) contenant trois albums inédits (Renaud chante Brassens, Les Introuvables et Le Retour de la Chetron Sauvage).

Passage du « Renard » (1995-2002)

Renaud a toujours été nostalgique de son enfance et fataliste quant à l'avenir (J'ai la vie qui me pique les yeux, Mistral gagnant) et, dans les années 1980, la perte de plusieurs amis proches comme Coluche, Desproges et Gainsbourg l'affecte beaucoup. Au fil des années, et malgré un soutien constant de son épouse (qui, selon la famille Séchan, « portait Renaud à bout de bras »), Renaud cède à sa mélancolie pour se rapprocher de son côté sombre - qu'il surnomme lui-même « Renard » (par analogie avec Gainsbourg/Gainsbarre). Connaissant, depuis plusieurs années déjà, une tendance à la dépression en raison de la nostalgie du temps qui passe et de la perte de ses idéaux, il entame en 1995 une longue période de silence (qui ne se termine qu'en 2002) avec quelques apparitions sur scène et d'innombrables rechutes.

Pris dans l'alcoolisme, la solitude et le cynisme, Renaud y perd son grand amour, Dominique, qui le quitte en 1999 (après près de vingt-cinq ans de relation) en même temps que l'inspiration. Il emménage alors avec son frère Thierry au-dessus de la brasserie La Closerie des Lilas, qui devient son quartier général.

Devenu l'ombre de lui-même, ses quelques apparitions le montrent bouffi par l'alcool, les yeux cernés. Conscients de l'urgence, ses musiciens Alain Lanty et Jean-Pierre Bucolo l'embarquent dans une tournée thérapeutique Une guitare, un piano et Renaud, marathon de 202 dates dans des petites salles de province entre octobre 1999 et mars 2001, qui lui fait réaliser l'amour que lui porte encore son public, malgré les performances vocales éraillées et parfois totalement catastrophiques du chanteur. La tournée introduit trois nouvelles chansons, Baltique, Boucan d'enfer et Elle a vu le loup mais Renaud n'arrive plus à écrire et ne sait même pas s'il arriverait à sortir un nouvel album. Un premier déclic arrive grâce à son ami journaliste Pascal Fioretto. Alors en cure, Renaud craque et veut se resservir un verre. Fioretto le lui accorde, à la condition qu'il lui écrive une chanson. Une heure plus tard, Renaud termine Petit Pédé. En 2001, il reçoit une Victoire de la musique pour l'ensemble de son œuvre, qu'il dit avoir considérée à l'époque comme un hommage posthume. À cette occasion, il interprète Mistral gagnant. En regardant sa prestation, il se rend compte de l'urgence de se ressaisir. Mais le véritable déclic provient de sa rencontre en 2000 à La Closerie des Lilas avec Romane Serda, une jeune chanteuse dont le groupe n'arrive pas à percer et dont il tombe très vite amoureux. Un soir où il rentre ivre, Romane le prévient qu'elle le quittera s'il n'arrête pas de boire.

Renaud retourne en cure, recommence à écrire des chansons et sort son onzième album un an plus tard.

Renaissance (2002-2007)

En mai 2002 un nouvel album, Boucan d'enfer, illustré par Titouan Lamazou, apparaît donc dans les bacs, huit ans après le dernier enregistrement de matériel original du chanteur énervant. Mis en musique par ses amis Alain Lanty et Jean-Pierre Bucolo, l'album est à l'image des dernières années passées : noir et sans concession, avec des chansons comme Docteur Renaud, Mister Renard, Cœur perdu et Mal barrés qui reflètent le purgatoire passé. Le single Manhattan-Kaboul en duo avec Axelle Red connaît un vif succès (523 000 exemplaires vendus) et l'album se vend à plus de deux millions d'exemplaires, un record pour le chanteur.

Après tant d'années, Renaud commence à prendre le dessus sur Renard, le nom qu'il donne à son côté sombre rongé par l'alcool. Pendant la Tournée d'enfer qui s'ensuit, dans un décor de fête de village, il connaît quelques rechutes, fait un delirium tremens, et la voix n'est pas toujours au rendez-vous, mais il remporte malgré tout un vif succès. Plus de 170 concerts sont donnés, la tournée s'arrêtant notamment plusieurs fois au Zénith de Paris et au festival des Vieilles Charrues. Aux côtés de Johnny Hallyday, Renaud joue dans le film Wanted de Brad Mirman. L'année est couronnée par trois Victoires de la Musique et deux NRJ Music Awards. Les apparitions de Renaud à cette cérémonie et dans d'autres émissions de variétés furent par la suite critiquées compte tenu des reproches très durs qu'il avait pu faire à ces médias. Un article au vitriol du journal Tant pis pour vous lui est notamment consacré en mars 2004. Renaud attaque le journal en justice demandant de lourds dommages et intérêts pour un journal économiquement fragile, ce qui lui est reproché par la presse. Cela n’entache cependant pas son image. Il reste très populaire auprès de ses compatriotes et est régulièrement placé dans les dix personnes les plus appréciées par les Français.

En 2003, il emménage avec la chanteuse Romane Serda dans le 14e arrondissement de Paris et ils se marient le , à la mairie de Châteauneuf-de-Bordette (Drôme). La liaison entre Renaud et Romane Serda a pourtant engendré des polémiques du côté des fans. Ayant retrouvé l'amour et s'étant remarié, il parvient enfin à sortir de l'alcoolisme et à sentir renaître son âme de militant. Depuis 2005, il lutte activement pour la libération d'Íngrid Betancourt et des autres otages des FARCS en Colombie auxquels il consacre une chanson, Dans la jungle, traduite ensuite en espagnol et interprétée par Melingo, un chanteur argentin.

Il organise le , à l'occasion des quatre ans de détention de l'otage, un grand concert au Zénith de Rouen réunissant de nombreuses personnalités. Cette même année, il relance son combat contre la corrida et pour la réintroduction des ours dans les Pyrénées. Son deuxième enfant, Malone, naît le . Le est inaugurée l'école Renaud-Séchan à Mirabel-aux-Baronnies (proche du village natal de Romane Serda), pour la construction de laquelle le chanteur avait donné une importante somme d'argent.

C'est le que sortent simultanément son douzième album intitulé rouge sang et une version collector de celui-ci. Les deux versions s'écoulent à plus de 170 000 exemplaires dès la première semaine (triple disque de platine, 700 000 exemplaires au total). rouge sang est vu par certains comme une sorte de renaissance, tant le Renaud de Boucan d'enfer était l'œuvre d'un autre personnage, cynique, désabusé, et plus consensuel. L'album est ainsi nettement plus engagé que le précédent opus (Leonard's Song dédié à Leonard Peltier, J'ai retrouvé mon flingue, Elle est facho, rouge sang). La critique sur l'album est mitigée : bien que l'ensemble de la presse célèbre le « retour à la forme » du chanteur après ses années noires, de nombreux journaux (dont Le Monde et Télérama) considèrent que sa plume s'est émoussée et déplorent les arrangements « très électriques » et datés de Jean-Pierre Bucolo.

Illustré par Killofer, jamais aucun album de Renaud n'avait encore contenu autant de chansons : 24 sur l'édition collector (y compris un titre écrit par un autre chanteur, Benoît Dorémus : Rien à te mettre). Durant la tournée médiatique, Renaud enregistre une publicité où, non sans humour, lui et Vincent Delerm (qu'il cite dans Les Bobos, premier single de l'album, vendu à 67 100 exemplaires en seize semaines) vantent leurs albums respectifs. Renaud écrit et produit Après la pluie, deuxième album de Romane Serda, qui sort le .

En février 2007, il annonce qu'il s'installe en Angleterre avec sa famille, tout en précisant qu'il paiera toujours ses impôts en France.

Il effectue au printemps et à l'été 2007 la tournée Rouge Sang tour. La voix y est souvent meilleure que pendant la tournée Boucan d'enfer, et le décor représente les toits de Paris, en référence à Robert Doisneau et au dernier concert des Beatles. Celle-ci s'arrête notamment quatre fois à Bercy et au centre de détention de Bapaume lors de la Fête de la musique. Il offre également un concert à L'Isle-sur-la-Sorgue, ville où il possède une résidence secondaire. Une tournée des festivals (Festival des Terres Neuvas, Festival d'été de Québec, Francofolies, Paléo, Fête de l'Humanité, Musilac) a lieu durant l'été 2007. Il termine sa tournée par un concert gratuit offert à ses fans le à la Cigale. Sur scène durant près de six heures, il revisite l'ensemble de son répertoire. En novembre sort Tournée Rouge Sang, témoignage sur CD et DVD des concerts de Bercy. En septembre sort Jeunesse se passe, le premier album de Benoît Dorémus que produit Renaud (impressionné par son premier album, qui était auto-produit, il avait fait signer Dorémus sur son label Ceci-Cela en janvier 2006).

Molly Malone et la rechute (2008-2015)

À partir de 2008, Renaud se fait plus discret sur la scène médiatique. Son silence à la libération d'Íngrid Betancourt le , une cause pour laquelle il s'était pleinement investi, suscite des interrogations. Pour faire taire la rumeur, il explique avoir préféré la rencontrer hors caméras.

Sa fille Lolita se marie avec le chanteur Renan Luce au cours de l'été 2009 et il quitte le XIVe arrondissement pour Meudon, en banlieue parisienne. Le sort Molly Malone – Balade irlandaise, un album de reprises de chansons traditionnelles irlandaises, projet qu'il dit envisager depuis plus de 25 ans. Il comporte treize chansons qui sont toutes des adaptations du répertoire traditionnel de la musique celtique irlandaise, comme The Water is Wide devenue La Ballade Nord-Irlandaise, une chanson qu'il reprend 18 ans plus tard (elle figurait dans l'album Marchand de cailloux). L'album reçoit un accueil mitigé, beaucoup de critiques reprochant au chanteur d'avoir une voix de plus en plus fatiguée,.

Fin 2010, sort une intégrale vinyle et un nouveau florilège sur trois CD (Le Plein de super). La même année, il reprend Encore un rhum sur Very Intimes Poteaux, album hommage au groupe Soldat Louis. Il participe également au projet collectif Dr Tom - La liberté en cavale, qui reprend des chansons de Franck Langolff, décédé quatre ans plus tôt.

Renaud se lance ensuite dans la préparation d'un album. Mais plusieurs interviews ont lieu où il s'avoue en panne d'inspiration et dévoré par la nostalgie :

« Je ne sais plus faire, j'ai perdu la sève. Même mon fils de quatre ans qui devrait m'inspirer de belles chansons, pour parler de son avenir, de la société dans laquelle il va évoluer, eh bien, non, ça ne m'inspire pas. C'est épuisant de passer ses jours et ses nuits à repenser à son enfance et à son adolescence. Chaque année qui passe, la nostalgie se rapproche. »

Il déclare être hanté par ses vieux démons depuis quatre ans et s'être remis à boire. Romane Serda et Renaud divorcent le . À sa sortie du tribunal, elle dira de Renaud : « Nous venons de divorcer mais je l'aime. »

En octobre 2012 est publiée une nouvelle intégrale des albums studios, contenant une nouvelle édition de la compilation Les Introuvables avec des titres parus sur différents supports (compilations, albums hommage, etc.). En janvier 2013, il est nommé commandeur des Arts et Lettres.

En 2014, quinze artistes (Jean-Louis Aubert, Cœur de pirate, Bénabar, Disiz, Élodie Frégé, Raphael, Nicola Sirkis, Benjamin Biolay, Nolwenn Leroy, Hubert-Félix Thiéfaine, Carla Bruni-Sarkozy, Renan Luce, Alexis HK, Benoît Dorémus, Grand Corps Malade) reprennent plusieurs chansons de Renaud pour l'album hommage La Bande à Renaud, qui sort le 9 juin. À la suite du succès de La Bande à Renaud (200 000 exemplaires), un second volume sort le 27 octobre.

Toujours debout (depuis 2015)

Le , une version française de Do They Know It's Christmas sort sous le nom de Noël est là pour soutenir la lutte contre l'épidémie d'Ebola. Renaud y chante et apparaît dans le clip musical aux côtés d'autres artistes français.

Le , un documentaire inédit Renaud, on t'a dans la peau est diffusé en soirée sur France 3, le jour de l'anniversaire du chanteur. Didier Varrod, réalisateur du documentaire (il avait déjà signé un documentaire sur Renaud en 2002), a pu rencontrer Renaud pour lui faire voir le film quelques jours avant sa diffusion à la télévision. D'après le réalisateur, Renaud aurait été particulièrement ému par le reportage. Le lendemain, Benoît Dorémus annonce, via les réseaux sociaux, que Renaud, encore touché par le documentaire sur lui, est parvenu à écrire une nouvelle chanson, information reprise par plusieurs sources comme la page Facebook « Soutenons Renaud Séchan ».

En juin 2015, le frère de Renaud, Thierry Séchan, annonce que Renaud a écrit pas moins de 14 textes, et que le guitariste Michaël Ohayon et le chanteur Renan Luce ont composé les musiques du futur album. Renaud lui-même confirme l'information sur l'antenne de RTL, ajoutant que l'album pourrait sortir dès septembre et qu'il sera enregistré à Bruxelles. Toutefois, toujours d'après Thierry, il doit baisser ses consommations en alcool et en tabac pour pouvoir de nouveau chanter,. L'album est finalement repoussé à Noël et devrait comporter une douzaine de titres dont deux consacrés à l'attentat contre Charlie Hebdo de janvier 2015, puisque « ce qui l’a marqué le plus en 2015, c’est l’attentat contre Charlie Hebdo, d’autant qu’il était ami avec Charb, Cabu, Wolinski », déclare son frère. L'album aurait pu se nommer Mulholland Drive, titre de l'une de ses chansons présentes dans l'album, racontant son voyage à Los Angeles.

En octobre, il écrit et chante le titre Ta Batterie sur l'album Il nous restera ça de Grand Corps Malade. C'est durant sa collaboration avec Grand Corps Malade qu'il retrouve le goût d’écrire pour de nouvelles chansons, l’inspiration lui revenant à cette période. Au début de janvier 2016, Renaud déclare sur Facebook :

« Je ne bois plus une goutte d’alcool depuis 108 jours, je ne fume plus que maximum 15 cigarettes par jour au lieu de deux paquets et demi. Je pète la forme, j’ai fini mon disque, reste le mixage et le mastering, donc sortie prévue en mars. »

Il déclare également sur l'antenne d'Europe 1 que c'est son plus bel album depuis Mistral gagnant. Deux chansons sont « dédiées aux victimes des attentats et autres » : Hyper Cacher (en référence à la prise d'otages du magasin Hyper Cacher de la porte de Vincennes) et J'ai embrassé un flic (en référence aux manifestations des 10 et 11 janvier 2015). Toujours sur Facebook, il déclare qu'il compte reprendre la scène courant 2016.

Le , en mémoire aux victimes des attentats contre Charlie Hebdo disparues l'année précédente, il est présent place de la République à Paris, et chante Que Marianne était jolie soutenu par Christophe Alévêque, de Michel Delpech, mort quelques jours plus tôt.

Le à minuit, Renaud publie sur son site internet la première chanson Toujours debout, issue de son futur album (dont il n’a pas composé les musiques),. Le même jour, sur France Inter, il annonce la sortie son nouvel album : Renaud. Le clip officiel de Toujours debout sort le .

Début 2016, il fait plusieurs apparitions sur scène avec I Muvrini. Le 2 mars, il fait son retour comme chroniqueur dans l'hebdomadaire Charlie Hebdo avec un billet bimensuel. Il tient aussi, à partir d'avril 2016, une chronique mensuelle dans le magazine Causette.

Son album Renaud sort le et connaît un succès fulgurant, vendant plus de 500 000 albums en six semaines. En janvier 2017, la SNEP révèle que Renaud a dominé les ventes en France avec plus de 730 000 albums vendus en 2016.

En mai 2016 sort sa première autobiographie, Comme un enfant perdu, dans laquelle il revient sur son parcours. En juillet 2016, le groupe Tryo dévoile le clip de Souffler (extrait de l'album Vent debout), dans lequel apparaît Renaud.

Il entame le à Évry sa tournée intitulée Phénix Tour, avec plus de 130 dates à travers la France mais aussi au Royaume-Uni, en Suisse et en Belgique,.

Il reçoit, dans la nuit du 10 au , la Victoire de l'artiste masculin de l'année aux 32e Victoires de la musique.

En mars 2018, il est annoncé que Renaud est de retour en studio, pour un album destiné aux enfants. Certaines chansons sont composées par Renan Luce et Romane Serda, et c'est Michaël Ohayon qui réalise le disque,.

La SACEM lui décerne, le , un prix spécial pour l'ensemble de sa carrière. Il y apparaît affaibli et incapable de chanter (sortant d'une cure de désintoxication suite à plusieurs rechutes après sa tournée), mais toujours aussi engagé.

En décembre 2018, le journal La Provence annonce que Renaud produira le prochain album de Dave, après avoir écouté sa nouvelle chanson La fille aux deux papas. Dave déclara : « Renaud a écouté cette chanson [...] Et là, ça lui a plu donc il a dit :« Je vais écouter les autres » puis a fini : « Je produis ton album » »,.

En juillet 2019, dans une interview accordée au Parisien, il déclare que son prochain disque s'intitulera Les Mômes et les enfants d'abord et sortira à l'automne 2019. Ce sera « plus un album sur l'enfance qu'un album pour enfants » de douze titres, qui va en « faire râler plus d'un » avec « plein gros mots ». Il a été enregistré chez Renaud (à L'Isle-sur-la-Sorgue), Bruxelles et Paris,.

Un chanteur engagé

Tout au long de sa carrière, Renaud n'a cessé de militer pour de nombreuses causes, dont certaines étaient (ou sont encore) taboues. La plupart de ses chansons, quand elles ne sont pas franchement engagées, évoquent au moins au détour d'un couplet un sujet qui est cher au cœur de l'artiste.

Idées politiques

Si ses positions et sa vision du monde ont pu évoluer, il apparaît clairement que Renaud a toujours eu des idéaux de gauche. Il s'explique sur ce choix politique de deux manières : par les valeurs humanistes que défend ce bord et par l'héritage protestant et socialiste du côté paternel et l'héritage communiste du côté maternel. Les engagements de son grand-père paternel semblent néanmoins n'avoir apporté qu'un bagage culturel et non idéologique. Non affilié à un courant idéologique défini, il se considère avant tout comme membre d'une grande famille de gauche. Renaud n'hésitera pourtant pas à égratigner les partis de gauche dans ses chansons (Socialiste) ou dans ses concerts lorsqu'il le juge nécessaire.

Si plusieurs de ses chansons présentent clairement un message anarchiste, Renaud, ancien soixante-huitard, n'est pas pour autant un anarchiste convaincu. En effet même s'il trouve le principe magnifique, il ne pense pas les idées applicables dans la société actuelle. Le côté anarchiste de Renaud se ressent notamment lorsque celui-ci raille les représentants de l'ordre dans ses chansons ; c'est notamment l'armée qui en fait le plus les frais, Renaud étant un ardent pacifiste (la Ballade Nord-Irlandaise, Manhattan-Kaboul) et antimilitariste (Déserteur, Trois matelots, La Médaille contre laquelle l’Association de soutien à l’armée française porte plainte). Il s'en prend de la même manière à la police (Hexagone, Où c'est qu'j'ai mis mon flingue). Il privilégie la fraternité humaine et se dit opposé à l'idée de frontière. De là vient son engagement régionaliste et son soutien des luttes identitaires, engagement qui se retrouve notamment dans les chansons Le Blues de la Porte d'Orléans ou Corsic’armes.

À droite, Renaud suscite des sentiments contrastés. Louis Pauwels l'associe à Coluche, dans son article dénonçant le « SIDA mental » dont serait atteinte la jeunesse manifestant contre la loi Devaquet. Alors Premier Ministre, Édouard Balladur déclara que Renaud était son chanteur préféré. Dans les années 2000, Christine Albanel ou Jean-Marie Le Pen ont fait des déclarations similaires.

L'extrême droite est clairement un ennemi pour Renaud. Antifasciste, il lutte contre l'antisémitisme mais cela ne l'empêche pas de vivement s'en prendre à la politique d'Israël au sujet du conflit israélo-palestinien. Les paroles de la chanson Miss Maggie où la répression de l'Intifada est comparée au génocide arménien et à la Shoah, déclenchent une polémique et lui valent des accusations d'antisémitisme. Renaud avoue la tournure maladroite, même si le but était bien de provoquer, et remanie la phrase en « Palestiniens, Juifs, Arméniens ».

Une constante dans les engagements de Renaud est sa tendance à toujours se placer du côté des minorités et des personnes en position de faiblesse. Il a longuement milité pour des associations humanitaires ou organisations non gouvernementales, tels que Les Restos du cœur, Médecins sans frontières ou SOS Racisme, mais les problèmes de malversations auxquelles sont mêlées les associations humanitaires, et le sentiment de leur inefficacité, ont fini par le rendre plus méfiant et distant vis-à-vis de ces groupes ; une lassitude qu'il décrit dans Tout arrêter.

Renaud est un chanteur impliqué et militant, d'ailleurs régulièrement interrogé sur l'actualité politique et sociale (notamment lors de son passage à l'émission 7 sur 7[précision nécessaire]). Mais il a, maintes fois, émis le souhait de se retirer des turbulences des engagements politiques, comme il l'exprime dans les chansons Fatigué ou Je vis caché. Il désire mener une vie simple, proche de la nature, à l'écart de la violence, des drogues (La blanche, P’tite conne, Zénobe), exprimant parfois un univers passéiste (Rouge gorge) et nostalgique de l'enfance (Mistral gagnant, Le sirop de la rue).

En 2006, pour soutenir les projets autour de la protection des enfants, il crée la fondation Malone, reconnue d'utilité publique en 2008.

Prises de position

Politique

Renaud a toujours assumé l'affection et la fascination qu'il vouait à François Mitterrand, auquel il envoyait chacun de ses disques à sa sortie. Pourtant, après l'élection présidentielle française de 1981 où il avait voté au second tour pour Mitterrand, bien que se réjouissant de l'abolition de la peine de mort et de l'autorisation des radios libres, Renaud s'opposa rapidement aux positions économiques et géopolitiques des socialistes notamment après le tournant de la rigueur opéré par le gouvernement Mauroy en 1983. La même année, il s'engage activement pour la Marche des beurs, comme il le fait plus tard pour la campagne Touche pas à mon pote de SOS Racisme. En 1985, il se rend à l'Élysée pour exiger des explications à la suite de l'assassinat politique d'Éloi Machoro, secrétaire général du FLNKS.

Le , Renaud signe une tribune, « Tonton laisse pas béton », sur toute la largeur d'une pleine page publiée dans le quotidien Le Matin de Paris, pour convaincre Mitterrand de ne plus hésiter à se représenter à l'occasion des élections de 1988. Cela n'empêche pas Renaud de voter Pierre Juquin au premier tour et de poursuivre ses critiques sur le Parti socialiste durant le second septennat de Mitterrand. En 1988, à l'occasion de la visite officielle en France du président portugais, il signe dans Révolution une tribune demandant la libération d'Otelo Saraiva de Carvalho. La même année, il organise un concert à l'Olympia afin de réunir des fonds pour financer un hôpital palestinien. Renaud se montre également actif à l'occasion des célébrations du bicentenaire de la Révolution française en 1989. Il critiquait le fait d'inviter les « maîtres du monde » pour le sommet du G7 à Paris alors que la période était censée rendre hommage à la Révolution et aux sans-culottes. Organisateur d’un concert protestataire sur le thème « Dette, colonies, apartheid, ça suffat comme ci », réunissant plus de 100 000 personnes Place de la Bastille, Renaud força le Parti socialiste à prendre position sur l'abolition de la dette. En 1991 Renaud désapprouva fortement le choix de François Mitterrand de s'impliquer dans la guerre du Golfe aux côtés des Américains, celle-ci se résumant pour lui à une histoire d'argent que les Irakiens allaient devoir payer au prix fort. Il écrit diverses chroniques dans L'Idiot international de Jean-Edern Hallier. Malgré ses divergences avec Mitterrand, Renaud nourrit toujours un grand respect pour celui qu'il identifiait sous certains aspects à un père. Une chanson lui est d'ailleurs consacrée sur l'album Marchand de Cailloux (Tonton) et Baltique, du nom de son chien, sera un ultime hommage sur l'album Boucan d'enfer.

Aux élections européennes de 1994, Renaud est avant-dernier sur la liste Régions et peuples solidaires, derrière Gilles Perrault, Jacques Higelin et Christian Laborde, marquant ainsi son engagement régionaliste (il soutient ainsi Jean-Philippe Casabonne et Peio Serbielle, donne des concerts de soutien, et un drapeau basque figure sur le décor de sa tournée Boucan d'enfer). Depuis le départ de Mitterrand, il s'avoue peu convaincu par Lionel Jospin et les autres dirigeants socialistes, mis à part Bertrand Delanoë et l'aile gauche du parti. Renaud s'est orienté vers un écologisme de gauche, représenté par José Bové ou les Verts, qu'il a soutenus lors des élections présidentielles de 1995, de 2002 et de 2007. En 1995, il vote pour Lionel Jospin au deuxième tour, afin d'éviter le retour des bandits. En 1999, il signe un texte demandant l'arrêt des bombardements au Kosovo.

Il vote pour Noël Mamère au premier tour de l'élection de 2002. Renaud a aussi fait partie du Comité de soutien socialiste au Oui à la constitution européenne créé à l'initiative de Jack Lang lors du référendum de 2005. En 2007, après avoir soutenu Dominique Voynet, présente au premier concert de sa tournée, il apporte son soutien à Ségolène Royal en étant présent au meeting de Charléty pour s'opposer à Nicolas Sarkozy. Il déclare cependant qu'il a voté socialiste au deuxième tour des présidentielles 2007 mais qu'il aurait préféré voter à gauche. Il a aussi soutenu Yves Cochet lors des législatives de la même année dans le 14e arrondissement de Paris où il réside. À l'automne 2007 il s'engage contre la loi Hortefeux et les test ADN, participant au meeting au Zénith et annonçant l'écriture d'une chanson sur le sujet. En décembre 2007, il offre un de ses tableaux pour une vente aux enchères en faveur du journaliste Denis Robert. Il devient membre du comité de soutien à Denis Baupin lors des municipales de 2008 à Paris. Il prend également position en faveur de différents candidats de gauche (Razzy Hammadi à Orly, Dominique Voynet à Montreuil ou Martine Lignières-Cassou à Pau).

En 2004, il prend la défense de Peio Serbielle, condamné, selon ses termes, pour « délit d'hospitalité ». En effet, le chanteur basque est placé durant 16 mois en détention provisoire pour avoir hébergé des indépendantistes, avant d'être condamné, en 2018, à cinq ans de prison dont 42 mois avec sursis et 2 500 euros d’amende.

Début 2005, son engagement dans une campagne contre le téléchargement illégal lui vaut quelques réactions de la part de ses fans. Sa position sera contradictoire sur le sujet. À la fin de l'année, le chanteur revient sur sa décision, s'explique avoir été mal informé sur le peer to peer et « embobiné » par Virgin, et distribue gratuitement sa chanson militante Dans la jungle sur un forum Internet d'un site de fans sans la permission de sa maison de disques. Il met d'ailleurs par la suite à disposition des enregistrements rares ou inédits sur ce même site. Cependant, en juin 2008 il s'engage, aux côtés de 51 autres artistes, pour la loi Hadopi réprimant le téléchargement illégal.

À partir de 2005, il lutte activement pour la libération d'Íngrid Betancourt et des autres otages en Colombie détenus par les FARCS pour lesquels il compose une chanson Dans la jungle (traduite dans plusieurs langues). Le , à l'occasion des quatre ans de détention de l'otage, il organise entre autres un grand concert au Zénith de Rouen réunissant de nombreuses personnalités. Dix jours plus tôt, un concert similaire, Les Voix de l'Engagement, s'était tenu en Belgique, à Louvain-la-Neuve, en soutien également à Aung San Suu Kyi (Prix Nobel de la paix, qui fut assignée à résidence en Birmanie). Renaud y chante notamment en duo avec Hugues Aufray. Un autre meeting de soutien à Íngrid Betancourt est organisé au Zénith de Paris le dans l'espoir, déçu, d'une libération proche d'Íngrid Betancourt. Lorsque cette dernière est libérée le , le Président de la République Nicolas Sarkozy salue son engagement lors de son intervention en direct. Il n'apparaît pas cependant aux diverses célébrations suivant sa libération, ne souhaitant pas s'exprimer publiquement.

En avril 2016, il indique qu'il ne votera « plus jamais » socialiste. À la même période, Renaud s'exprime sur RTL pour démentir des rumeurs selon lesquelles il soutiendrait la candidature de François Fillon ou d'Alain Juppé pour les primaires à droite en préparation de l'élection présidentielle de 2017. Il avait initialement déclaré qu'il soutiendrait François Fillon s'il se trouvait au second tour de l'élection présidentielle face à Marine Le Pen, avant de se rétracter. À la suite de l'affaire Fillon, il déclare ne plus soutenir François Fillon. Le 11 février 2017, il annonce à Paris Match qu'« il se peut qu['il] vote pour » Jean-Luc Mélenchon. En mars 2017, il annonce qu'il va voter Emmanuel Macron car c'est « le seul qui me paraît intègre, le seul sans parti, le seul sans casserole au cul et la seule alternative aux Le Pen et aux Fillon ».

Écologisme et défense des animaux

L'écologisme est un autre grand combat de Renaud. Auparavant plus intéressé par les droits de l'Homme et la politique, le déclic écologique est venu avec la naissance de sa fille en 1980 qui lui a fait prendre conscience que les générations futures « devaient continuer à profiter de ce que la nature a donné à l'homme. » Et dès 1984, il s'engage à Greenpeace pour qui il organise un concert, et participe à quelques manifestations, notamment le en occupant les locaux de la Japan Airlines, pour protester contre la chasse à la baleine permise par le gouvernement japonais (cela lui vaut quatre heures de garde à vue). Mais, fatigué par les luttes de pouvoir à l'intérieur de l'organisation, et à la suite de l'affaire du Rainbow Warrior, il quitte Greenpeace avec d'autres amis partis fonder l'association Robin des Bois en 1985.

Il a lutté contre la construction du tunnel du Somport dans la Vallée d'Aspe (finalement construit) et participe encore aujourd'hui à la réintroduction des ours dans les Pyrénées. Pour les vingt ans de Tchernobyl, il offre une chanson (26 avril) à Greenpeace. Il milite activement pour l'abolition du Rallye Dakar (500 connards sur la ligne de départ). Il est attaché à une vie et un environnement simple et sain. Il est d'ailleurs un fervent pêcheur à la mouche, à l'instar de René Fallet dont il a hérité des cannes à pêche.

Attaché à la cause animale, Renaud est un militant anticorrida. Il a composé deux chansons contre la corrida (Olé et rouge sang) et il est membre du Comité radicalement anti-corrida (CRAC) et de l'Alliance anticorrida. En juillet 2007, il assure la voix off d'un spot publicitaire de la Société protectrice des animaux (SPA) contre la corrida qui est censuré par le Bureau de vérification de la publicité (BVP). Renaud s'insurge contre cette décision et adresse une lettre ouverte au président Nicolas Sarkozy le 13 août, aux côtés d'autres personnalités.

Le , il adresse une lettre ouverte au président de la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE) demandant le soutien dans la demande d'interdiction de l'accès aux arènes pour les mineurs de moins de 16 ans. En septembre 2009, il apporte son soutien au livre promotionnel de la SPA, SOS SPA Tome 2 - Tauromachie, l'enfer du décor, bande dessinée de Geoffroy et Chardot dans laquelle il apparaît sur quelques planches.

En 2006, il lui a été reproché d'avoir offert un 4x4 à son épouse. Il assume cette position en contradiction avec ses opinions écologistes.

Soutien à Yvan Colonna

Renaud affiche depuis quelques années un soutien à Yvan Colonna, indépendantiste corse condamné pour activités terroristes, dont l'assassinat du préfet Claude Érignac,. À plusieurs reprises en 2016, Renaud arbore un T-shirt sur lequel est inscrit « Yvan Colonna, otage de la raison d'État », notamment lors de l'émission de télévision Le Grand Journal, le .

Il rend aussi visite aux proches du détenu à perpétuité, à Cargèse. Il se fait tatouer une Corse accompagnée d'une tête-de-maure sur l'avant-bras droit. Quand on lui pose la question sur une supposée innocence d'Yvan Colonna, il affirme : « Je ne peux pas me prononcer sur ce point précisément. La vérité, il n'y a que lui qui la connaît. Ce n'est pas moi, pinzutu, parisien, qui peux dire, oui c'est lui ou, non ce n'est pas lui, qui a tué ». Dans Charlie Hebdo du , Renaud déclare qu'il « réclame l'amnistie générale pour tous les prisonniers politiques corses (dont Yvan) ».

Rapports avec les médias

Renaud et la presse n'ont pas toujours été en bons termes, notamment la presse de gauche de l'aveu de Renaud lui-même. Le conflit le plus évident est celui qui oppose le chanteur avec Libération, notamment les pages culturelles qui ont émis de nombreuses critiques défavorables à son sujet depuis le début de sa carrière et à qui Renaud n'a cessé de lancer de petites « piques » à travers les paroles de plusieurs de ses chansons ou sur scène. En 1989, un article en pleine page de Libération, au sujet de la maison achetée par Renaud à Outremont (Montréal), titre « Renaud passe du HLM à la cabane au Canada » et critique le fait que sa maison se situe dans un quartier aisé.

Renaud a également eu quelques démêlés avec L'Événement du jeudi notamment lorsque celui-ci révèle en 1993 que le chanteur a touché les Assedic pendant huit mois en 1980.

Pour son album Putain de camion, dédié à Coluche et sorti en 1988, Renaud décide de n'en faire absolument aucune publicité par le biais des médias traditionnels (presse, radio, télévision). Mistral gagnant l'album précédent avait en effet eu droit à une forte promotion et s'était vendu à plus d'un million d'exemplaires ; Renaud était désireux de couper les ponts avec les médias, fatigué des critiques sur ses origines ou son compte en banque. Mais la décision d'éviter toute promotion fait chuter les ventes de moitié par rapport à ses deux précédents albums (soit 750 000 exemplaires malgré tout). Finalement, Renaud se résigne et continue de passer par le système médiatique pour promouvoir ses albums, partagé entre le besoin de s'attirer un public plus large et le risque de s'exposer aux critiques en s'affichant dans ces médias qu'il décrie tant. Par exemple son apparition aux NRJ Music Awards lors de son retour en 2002 lui a attiré plusieurs critiques.

En 2002, pour la sortie de Boucan d'enfer, les critiques redeviennent élogieuses, célébrant le retour et la sortie de la période noire et jaune de Renaud. La réception est plus mitigée pour l'album rouge sang. Renaud s'en prend vivement à la presse parisienne qui ne le soutiendrait pas contrairement à la presse de province et il juge les procès d'intentions qui lui sont faits pour les chansons Les Bobos et Elle est facho (qui finit par … et elle vote Sarko) sans fondement. En 2007, dans un numéro spécial du mensuel d'extrême-droite Le Choc du Mois consacré à la chanson française dont il figure d'ailleurs seul en couverture, Renaud accorde une interview assez décomplexée dans laquelle il s'affirme prêt à soutenir une demande de mise en liberté au profit des détenus politiques quelle que soit leur appartenance [réf. souhaitée].

Laïcité, religion et mort

Issu d'une famille protestante, portant la croix huguenote, il revendique son appartenance à cette communauté même s'il ne croit pas en Dieu.

En effet, Renaud est agnostique et ne le cache pas. Au contraire, il sermonne vertement les fanatiques religieux, les curés et les papes dans ses chansons. La religion, notamment le catholicisme, est toujours considérée dans les textes de Renaud comme un frein au développement intellectuel et à la liberté,.

Partisan d'un socialisme laïque, il déplore par exemple que François Mitterrand n'ait pas émis le désir de se faire enterrer civilement pour aller jusqu'au bout de son agnosticisme.

Renaud entretient un rapport particulier avec la mort, comme l'évoque sa chanson Mon bistrot préféré. En effet nombre de ses amis sont disparus prématurément, notamment Patrick Dewaere, Coluche (qui était le parrain de sa fille), Pierre Desproges, Serge Gainsbourg, Michel Roy (compositeur de la chanson Baston et cité dans la chanson La Blanche), Franck Langolff, François Ovide (guitariste de Renaud et compositeur de la chanson Mon amoureux). La disparition de Georges Brassens, de François Mitterrand et de Frédéric Dard le marquent également beaucoup, tout comme le décès du jeune Lucas, à qui est dédiée la chanson Elsa, prénom de sa jeune sœur.

Durant l'été 2016, il se fait tatouer dans le dos le buste du Christ portant la couronne d'épines et cerclé du message : « Comme lui, j'ai aimé. Comme lui, j'ai souffert ».

Alcool

Durant ses années noires, Renaud a sombré une dizaine d'années dans l'alcoolisme qu'il décrit dans Boucan d'Enfer. Renaud en a gardé une image d'alcoolique dont se servent certains de ses détracteurs.

En 1986, désireux de diversifier ses expériences professionnelles, il réalise une publicité pour Kanterbräu. Le spot, où il figure avec Jean-Louis Roques, est inspiré des paroles de la chanson Germaine. Il regretta ensuite d'avoir ainsi incité à la consommation d'alcool et reversa les 900 000 francs gagnés au Muséum national d'histoire naturelle, pour la rénovation de la grande galerie de l'Évolution.

Au cours d'une interview accordée au magazine Serge en décembre 2010, Renaud se confie sur ses angoisses et ses rapports avec l'alcool : « Je bois parce que je ne suis pas bien dans ma peau, dans ma couenne. J’ai des psychoses, des angoisses, un mal de vivre, une nostalgie de mon enfance. Et cela empire avec tous ces amis qui meurent autour de moi. Cela me déprime, je suis tout seul dans mon bistrot. Alors plutôt que de ruminer mes pensées, eh bien je bois un petit verre et ça va un peu mieux » et ajoute « J’ai constamment le sentiment d’être persécuté, suivi, écouté, espionné sur mon mail comme sur mon portable par des gens qui me veulent du mal. J’ai des paranoïas bien précises… J’ai peur de mourir aussi, je ne sais pas d’où ça vient, c’est une maladie ».

Style artistique

Univers musical et littéraire

Renaud, dans la tradition de la chanson française, accorde avant tout une importance au texte. Il a d'ailleurs écrit la quasi-totalité de ceux-là (La chanson du loubard, Soleil immonde et Rien à te mettre figurent parmi les rares exceptions). Il subit les influences de Bruant, de François Béranger et d'autres chanteurs réalistes, du folk song d'Hugues Aufray (sa première idole et celui qui lui a donné l'envie de chanter) et d'Antoine, et du protest song de Bob Dylan. Une bonne partie de ses textes utilisent l'argot, un langage populaire que Renaud a appris enfant puis en fréquentant la rue alors qu'il vivait de petits boulots, et comprennent de nombreux calembours. Outre les chansons engagées, Renaud écrit également sur des sujets plus personnels, souvent biographiques, comme la famille, le divorce ou l'enfance. À partir de Morgane de toi par exemple, dans chacun de ses albums studio, au moins une chanson sera dédiée à sa fille. Renaud glisse fréquemment quelques touches humoristiques dans ses chansons en se servant du jeu de mots, de la parodie ou de la satire pour mieux faire passer ses messages ou simplement faire rire. Renaud est connu pour recourir fréquemment au portrait dans ses textes. Certains de ses personnages sont biographiques (Miss Maggie, L'Entarté, Tonton), d'autres sont des caricatures de groupes sociaux (Deuxième génération, Dans mon HLM, Petit pédé), d'autres enfin représentent une partie de sa propre personnalité (Manu, La teigne, Cent ans). Certains reviennent sur deux chansons (Gérard Lambert, La Pépette, Germaine).

L'aspect musical passe plutôt au deuxième plan. Il a néanmoins composé de nombreuses mélodies, dont celles de Mistral gagnant et d’Hexagone, mais n'en a fait que cinq sur rouge sang et qu'une sur Boucan d'enfer. Son accompagnement musical a souvent varié au gré des arrangeurs : assez épuré au départ, java et accordéon dans la période titi parisien, parfois FM avec synthétiseur comme pour Marchand de cailloux, acoustique avec À la Belle de Mai ou avec une utilisation importante de guitare électrique dans rouge sang. Renaud n'ayant jamais pris de cours de chant, sa voix éraillée ne fait pas non plus l'unanimité, d'autant plus que l'alcool et la cigarette ont accentué son côté rauque ; elle est en tous cas un signe distinctif du chanteur. Il est à noter que le chanteur a beaucoup travaillé avec des musiciens et collaborateurs du groupe Magma : Muriel Huster (photographe), Klaus Blasquiz (chœurs), Gérald Bikialo, Randy Brecker, Bernard Paganotti (basse), Dominique Bertram (basse), Jean-Michel Kajdan (guitares), Teddy Lasry et Claude Salmiéri (batterie) ont tous à un moment ou un autre travaillé pour Magma et Renaud.

Encore plus que Léo Ferré, Jacques Brel, Boby Lapointe ou Boris Vian, les deux artistes qu'il admire le plus sont Charles Trenet et surtout Georges Brassens qui lui a donné l'envie d'écrire des chansons et dont il revendique la filiation. Il ne l'a rencontré que deux fois : une fois enfant, une autre fois sur un plateau de télévision. Brassens lui avait alors indiqué qu'il trouvait ses chansons « merveilleusement bien construites ». Dix ans après sa mort, Renaud avoua qu'après un tel compliment venant d'une telle personne, tous les hommages lui paraîtraient bien fades. En 1996 sort l'album-hommage Renaud chante Brassens où Renaud reprend 23 chansons du répertoire de son idole, encouragé par deux proches de Brassens, Pierre Onténiente et André Tillieu, qui l'accompagnent dans sa promotion.

Son chanteur vivant préféré est Bruce Springsteen auquel il a offert une guitare Telecaster 59 rouge et qu'il a rencontré lors d'un concert au Zénith de Paris. Il a également interprété sa chanson No surrender sur scène au Zénith en 1986 et a traduit les chansons Factory, My hometown et Working on the Highway en 1984. Cette version restera dans les tiroirs. Il avoue également écouter Vivaldi, Mozart, Chopin, les Beatles et Bob Dylan. Son chanteur français préféré est Alain Souchon à qui il adresse un hommage appuyé dans une chanson de l'album Ma gonzesse (« J'ai la vie qui m'pique les yeux ») et dans l'album rouge sang (Sentimentale mon cul). Il est également amateur de la nouvelle scène française, écoutant Renan Luce, Benjamin Biolay, Vincent Delerm, Clarika, Aldebert ou Benoît Dorémus qu'il produit. Il se dit écœuré par les émissions de téléréalité musicales qu'il accuse de produire des chanteurs sans intérêt et inexpérimentés. Il admet néanmoins apprécier Élodie Frégé qu'il cite dans les artistes qu'il affectionne. Il apprécie également les chanteurs Québécois comme Robert Charlebois ou les Cowboys fringants qui ont d'ailleurs déclaré être influencés par Renaud (En berne des Cowboys fringants est fortement inspiré d’Hexagone) mais son chanteur québécois préféré reste Richard Desjardins, qu'il compare à Léo Ferré. Parmi les chanteurs suisses Sarclo, qui fera la première partie des concerts de sa tournée en 1996, qui est pour lui « la plus belle invention suisse romande depuis l'invention du trou de gruyère » ainsi que Le bel Hubert et Michel Bühler. Il apprécie aussi le chanteur catalan Lluís Llach. Dans le cadre de l'émission Les Enfants du rock, il s'est rendu en Afrique du Sud pour interviewer le chanteur Johnny Clegg pour qui il avait eu un coup de cœur. Ému par son combat contre l'Apartheid, il lui a dédié la chanson Jonathan et entretient toujours de très bons termes avec lui. En 2006, Renaud produit d'ailleurs son album One Life.

Parmi les auteurs littéraires il cite Maupassant, Boris Vian, Prévert, Jack Kerouac, René Fallet ; les polars (Le Masque), Le Feu follet de Pierre Drieu la Rochelle, La Mort à Venise de Thomas Mann et Au bonheur des mots de Claude Gagnière sont ses livres de chevet.

Influence

Les trente années de carrière de Renaud ont eu une certaine influence sur la chanson française. De nombreux groupes et artistes disent avoir été inspirés par Renaud comme Mano Solo, Tryo, Zebda, Mickey 3D, les Têtes raides (qui ont repris Hexagone lors de leur tournée 2004), Renan Luce ou Bénabar. Benoît Dorémus se dit également fortement influencé par Renaud qui l'a d'ailleurs produit. Cette influence s'étend même à l'ensemble du monde francophone avec des groupes comme les Québécois des Cowboys fringants. Plus récemment, un jeune Creusois devenu Parisien d'adoption, Gauvain Sers, est également très influencé par Renaud. Ce n'est pas pour rien que ce dernier l'a invité à faire ses premières parties lors de sa dernière tournée.

Plus éloigné de son univers musical, les paroles contestataires du chanteur ont trouvé écho auprès de la scène rap (notamment les chansons sur la banlieue, un thème que Renaud s'était approprié et qui fut plus tard repris par les rappeurs). Un album hommage lui est même consacré auquel ont participé des rappeurs comme Doc Gynéco, MC Jean Gab'1 et Disiz. Certains voient d'ailleurs en MC Jean Gab'1 l'une des influences les plus visibles, le rappeur appartenant à l'une des premières générations de rappeurs qui ont fait le lien entre les banlieusards comme ceux décrits par Renaud et ceux de l'époque contemporaine. En 2010, le chanteur Raphael enregistre Le Patriote sur son album « Pacific 231 » où il chante « Mon pote Renaud tu nous manques tant, putain réveille-toi car la France c'est devenu salement déprimant depuis qu't'es parti en vacances », une chanson inspirée d'Hexagone.

Renaud est aussi apprécié de Booba, qui a utilisé un sample de Mistral gagnant pour son morceau Pitbull. Le rappeur déclare dans une interview qu'il a été bercé par ses chansons et le considère comme « le meilleur parolier français ».

Discographie

Au total, Renaud a vendu plus de quinze millions de disques (dont trois millions de compilations diverses) et trois millions de 45 tours.

Parallèlement, Renaud a participé à différents projets tels que Chanteurs sans frontières ou Les Enfoirés tout au long de sa carrière. Il a également composé quelques musiques de films (par exemple Marche à l'ombre) et produit les albums de quelques artistes, notamment Romane Serda et Benoît Dorémus. Il lui est aussi arrivé d'écrire des chansons pour d'autres artistes (Régine, Patricia Kaas…).

Albums studio

Albums en public

En concert

En concert, Renaud a l'habitude de beaucoup parler avec son public entre deux chansons, voire de le provoquer avec des gags et des jeux de scène ; il en profite aussi parfois pour donner son avis sur des sujets d'actualité.

Les concerts de Renaud sont aussi connus pour leurs décors. Le premier grand concert de Renaud se déroule devant 6 000 personnes au Zénith qu'il inaugure pendant plus de trois semaines en 1984 et recevra en tout 75 000 spectateurs. En 1986, il réoccupe le Zénith pendant un mois, la campagne publicitaire de cette tournée, intitulée Le Retour de la Chetron Sauvage, le montre avec un bandana rouge en train de sucer son pouce après avoir été mordu par un hameçon. En pleine élections législatives, Renaud pose comme thème de campagne Les méchants c’est pas nous !. Le décor de ce concert représente un port avec un immense cargo du nom de Karaboudjan en référence à Tintin. Renaud revient au Zénith en 1988, avec en première partie le groupe Soldat Louis, l'unique décor est un arbre gigantesque où sont perchés les trois choristes. Pour la Tournée d'enfer, le décor représente une place de village un jour de 14 juillet. Pour la Tournée Rouge Sang, ce sont les toits de Paris qui sont reconstitués en hommage à Robert Doisneau et au dernier concert des Beatles sur les toits de Londres.

Plusieurs de ces concerts sont sortis en VHS et DVD, d'autres ont été enregistrés mais jamais commercialisés.

Distinctions

Décorations

  • 2007 : Officier de l'ordre de la Couronne
  • 2013 : Commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres ; (officier en 2003)
  • 2015 : Chevalier de l'ordre de la pléiade

Récompenses

  • 1978 : Premier prix du Festival de Spa pour Chanson pour Pierrot
  • 1984 : Prix Raoul-Breton de la SACEM
  • 1988 : Grand prix du disque de la Ville de Paris, Grand Prix National du Disque du Ministère de la Culture et prix de la SACEM pour l'album Putain de camion
  • 1991 : Grand prix de l'Académie Charles-Cros pour l'album Marchand de cailloux
  • 2004 : Grande médaille de la chanson française décernée par l'Académie française
  • 2004 : Médaille de la Ville de Paris, échelon vermeil
  • 2005 : 73e lors de l'émission Le Plus Grand Français de tous les temps
  • 2006 : Trophée La Poste de l’auteur favori des Français, Trophée des Nuits de la presse pour l’ensemble de son œuvre, Entrée dans le Petit Larousse
  • 2016 : Album RTL de l'année 2016
  • 2018 : Grand prix de la SACEM
Victoires de la musique 
  • 1994 : Victoire de l'album de musiques traditionnelles pour Renaud cante el' Nord
  • 2001 : Victoire pour l'ensemble de sa carrière
  • 2003 : Victoire de l'artiste interprète masculin, Victoire de l'album de chanson/variétés (Boucan d'enfer) et Victoire de la chanson originale pour Manhattan-Kaboul en duo avec Axelle Red
  • 2017 : Artiste interprète masculin de l'année
NRJ Music Awards 
  • 2003 : Meilleure chanson francophone et Meilleur duo francophone pour Manhattan-Kaboul (avec Axelle Red)

Hommages et reprises

  • 1993 : Rock à Renaud, chanson de Claude Nougaro sur son album Chansongs
  • 1998 : Mistral gagnant, reprise par Vanessa Paradis et Maxime Le Forestier lors de la soirée des Enfoirés. Cette reprise fut très largement plébiscitée par les radios et le public. Fait unique dans l'histoire des Enfoirés : il s'agit du seul duo à avoir été commercialisé en CD single (hors collégiales)
  • 1998 : Doc Gynéco, sur son album concept Liaisons dangereuses, revisite le thème d'Hexagone avec Hexagonal. Renaud participe au projet en reprenant des morceaux de la version originale.
  • 1999 : Je m'en fous, reprise en arabe algérien d'Hexagone par Baaziz sur l'album Dorénavant. Cette chanson fut diffusée en ouverture de certains des concerts de la tournée Une guitare, un piano et Renaud et de la Tournée d'enfer de Renaud
  • 2000 : Laisse tomber, gros, reprise de Laisse béton en patois lorrain par le groupe Les Amis d'ta femme. Mino music demande que la chanson soit enlevée des éditions suivantes
  • 2001 : Hexagone 2001… rien n'a changé, album hommage par la scène rap
  • 2001 : Philippe Geluck lui dédie sa bande dessinée L'affaire Le Chat
  • 2004 : Cazoul reprend Manhattan-Kaboul sur Les Plus Beaux Hits par Armand Cazeneuve dit « Cazoul »
  • 2004 : Le groupe Têtes raides reprend Hexagone sur son album live 28.05.04
  • 2004 : Le groupe Arkol reprend Trivial Poursuite sur l'album Vue Imprenable
  • 2005 : Fredo chante Renaud, album hommage de Fred Burguière (chanteur du groupe Les Ogres de Barback)
  • 2005 : Machinchose et ses amis : pas connus, album de reprises de et/ou par Machinchose, dont Crève salope, chanson inédite de Renaud
  • 2006 : Un album, Les Renardeaux chantent Renaud, avait été initié par Hammadi Yazid (avec des groupes comme Têtes raides, Zebda ou la Tordue), mais il a été abandonné
  • 2006 : Inauguration à Mirabel-aux-Baronnies de l'école Renaud Séchan, pour laquelle il fit un don de 150 000 euros
  • 2006 : Trois de ses chansons ont été fidèlement traduites et chantées en italien par Alessio Lega, sur l'album Sotto il Pavé la Spiaggia : C'est quand qu'on va où ?, La médaille et Les Charognards, qui est titré Tolleranza zero (zéro tolérance)
  • 2006 : Le morceau Pitbull du rappeur Booba contient un sample de Mistral gagnant
  • 2006 : Lâche l'affaire est reprise en version moderne de Laisse béton, par R.wan, le chanteur du groupe Java, sur son album Radio Cortex
  • 2006 : Une Chanson pour Renaud, de Olivier Daguerre sur l'album Ô désirs
  • 2007 : Ben alors quoi ?, chanson de Marie Cherrier sur l'album Alors quoi ?, qui cite de nombreux éléments du répertoire de Renaud et s'en prend à sa nouvelle femme
  • 2007 : Du côté des Mohicans (À Renaud), par Hugues Aufray, sur son album Hugh !
  • 2007 : Gros dégueulasse, chanson des Wriggles sur l'album Tant pis ! Tant mieux !, est écrite dans un style qui fait référence à Renaud
  • 2007 : La chanson à Renaud, chanson d'Alexandre Belliard sur l'album Demain… la peur
  • 2007 : Cent ans est reprise par Vincent Delerm, Bénabar et Renaud dans l'album Vincent Delerm à la Cigale
  • 2008 : Morts les enfants, reprise en version reggae par R.wan, le chanteur du groupe Java, sur l'album collectif Il est Cinq Heures 02 Kingston s'éveille… (divers artistes)
  • 2008 : Marche à l'ombre est reprise par l'Opium Du Peuple
  • 2008 : Oublie ça de Keith Kouna, adaptation québécoise de Laisse-béton
  • 2009 : Le morceau Portrait chinois du rappeur Médine lui rend hommage : « Si j'étais rappeur mon frère, je serais Renaud »
  • 2010 : Patriote, chanson de Raphael sur l'album Pacific 231, évoque Renaud : « Mon pote Renaud tu nous manques tant, putain, réveille-toi car la France c'est devenu salement déprimant depuis que tu es parti en vacances »
  • 2010 : Trublion rappe Renaud, album de 6 titres de reprises, par Trublion
  • 2010 : Manu, reprise en version punk par le groupe de Pop punk Zephyr 21, sur son Album de reprises vol.1
  • 2012 : Hexagone est revisitée par Zebda et Karimouche à l'occasion d'une émission de Taratata
  • 2014 : La Bande à Renaud Volume 1 (9 juin), volume 2 (27 octobre) : albums de reprises par différents artistes en hommage à Renaud.
  • 2014 : Triviale poursuite est réinterprétée par Tryo dans leur album de reprises Né quelque part
  • 2016 : Le morceau Pourquoi ? du groupe Les Fatals Picards lui rend hommage : « Au Panthéon de la chanson française, t'es comme Bernard Lavilliers mais en beaucoup plus balaise »
  • 2017 : Ma Gueule de Saez dans l'album Le Manifeste - Lulu rappelle l'écriture de Renaud et de sa musique (chanson En Cloque)

Autres activités

Acteur

Renaud ne fut pas le premier de sa famille à travailler dans le cinéma. Edmond Séchan, frère d'Olivier et oncle de Renaud, officiait déjà comme chef-opérateur et aurait beaucoup aidé Albert Lamorisse pour ses films. Le nom de cet oncle est ainsi inscrit dans un certain nombre de films français comme Les Aventures d'Arsène Lupin, Mort en fraude, Les Dragueurs, La Grande Frousse, Les Tribulations d'un Chinois en Chine, La Boum

Renaud commence sa carrière d'acteur très tôt. À trois ans, lui et son frère jumeau sont amenés par leur oncle sur le tournage du film Le Ballon rouge d'Albert Lamorisse pour servir de figurants. Le film obtiendra la Palme d'or du court-métrage au Festival de Cannes 1956 et l'Oscar du meilleur scénario original à Hollywood. Renaud définit cette expérience comme étant son premier souvenir.

Avant la chanson, la première vocation de Renaud est de devenir acteur. Dans les années 1970, il joue quelque temps au café de la Gare, où il devient très ami avec Miou-Miou et surtout avec Coluche, puis à La Veuve Pichard dans la pièce Le Secret de Zonga de Martin Lamotte. Il réussit également à décrocher quelques petits rôles dans des téléfilms ou des séries. Le succès aidant, il se détourne de cette voie pour se consacrer entièrement à la musique. Par la suite, il reçoit plusieurs propositions de tournage mais aucune ne l'intéressera jusqu'en 1993.

En 1980, il compose la chanson du film Viens chez moi, j'habite chez une copine de Patrice Leconte et en 1984 celle de Marche à l'ombre de Michel Blanc (interprétée par Michel Blanc dans le film). En 1995, sur une musique de Khalil Chahine, il écrit les paroles de la bande originale de Fallait pas !... de Gérard Jugnot qui est une chanson critique sur les sectes et les religions.

Mais sa principale expérience au cinéma a lieu en 1993, avec l'adaptation de Germinal de Claude Berri où il joue Étienne Lantier, l'un des rôles principaux, aux côtés de Gérard Depardieu et Miou-Miou. L'histoire démarre en 1980, dans une loge après un concert à Bobino, Claude Berri avait promis à Renaud qu'un jour il lui trouverait un rôle au cinéma. Après deux ans de réflexion Renaud, qui aurait pourtant préféré un petit rôle, accepte en tant que petit-fils de mineur. Au cours des six mois de tournage de mi-août 1992 à fin février 1993, Renaud a pu découvrir le folklore des gens du Nord qui lui donneront envie de composer un album de chants traditionnels du Nord (Renaud cante el' Nord).

Il revient à l'écran en 2003 dans Wanted de Brad Mirman avec Johnny Hallyday, Gérard Depardieu et Richard Bohringer où il interprète un tueur à gages silencieux et taciturne qui parle de lui à la troisième personne. En pleine période noire, Renaud avait accepté de tourner dans le film de son ami à condition d'interpréter un petit rôle avec peu de texte. En 2006, il intervient dans le film Le Deal de Jean-Pierre Mocky, chantant la Chanson de Radius.

Filmographie

 Sauf indication contraire ou complémentaire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par les bases de données Allociné et IMDb.

  • 1956 : Le Ballon rouge, moyen métrage d'Albert Lamorisse : le jumeau en rouge
  • 1977 : Madame Ex, téléfilm de Michel Wyn : Léon
  • 1977 : Au plaisir de Dieu, mini-série télévisée d'après Jean d'Ormesson : Alain
  • 1978 : Brigade des mineurs, série télévisée dans l'épisode La Neige de Noël de Michel Wyn : Yves
  • 1982 : Elle voit des nains partout ! de Jean-Claude Sussfeld : Tarzan (caméo)
  • 1993 : Germinal de Claude Berri : Étienne Lantier
  • 2003 : Wanted (Crime Spree) de Brad Mirman : Zéro
  • 2006 : Renaud arrêter la clope, court métrage de Mathieu Naert : Renaud
  • 2007 : Le Deal de Jean-Pierre Mocky : le chanteur des rues
  • 2017 : Stars 80, la suite de Thomas Langmann : lui-même

Publicité

En 1986, Renaud a réalisé une publicité pour Kanterbräu, où il apparaît avec Jean-Louis Roques, publicité inspirée des paroles de la chanson Germaine. Il regretta ensuite cette publicité vantant un alcool et donna les 900 000 francs gagnés au Muséum national d'histoire naturelle pour rénover la Grande galerie de l'Évolution.

Écrivain

À deux reprises, Renaud a écrit des chroniques dans Charlie Hebdo : en 1992-1993 et en 1995-1996. Il a également écrit quelques chroniques à l'Idiot international, avant de couper les ponts à la suite d'un éditorial antisémite de Jean-Edern Hallier.

Renaud a écrit divers ouvrages. La plupart ont trait à sa vie et à ses textes. Il a également entrepris l'écriture d'un récit de ses années d'alcoolique, intitulé Le Jaune et le noir. Il ne l'a jamais terminé, mais l'a plutôt remodelé pour devenir son autobiographie : Comme un enfant perdu.

Il signe également deux contes pour enfants : La petite vague qui avait le mal de mer (1993) et Le Petit oiseau qui chantait faux (2005).

En mars 2016 Renaud reprend la plume pour écrire dans deux journaux papiers, Charlie Hebdo — pour lequel il avait déjà écrit — et Causette — un magazine féminin généraliste.

En mai de la même année, il publie son autobiographie : Comme un enfant perdu.

Recueils de chansons

Renaud est l'auteur de plusieurs recueils de ses chansons :

  • Sans zikmu, éditions Champ Libre, 1980 ;
  • Mistral gagnant : chansons et dessins, Paris, Le Seuil,  ;
  • Le Temps des noyaux suivi de Mistral Gagnant, Le Seuil, 1988 ;
  • Le Renaud illustré « Mes 40 chansons préférées de moi », Albin Michel, 1999 ;
  • Les Manuscrits de Renaud, chansons lettres dessins et inédits, édition Textuel, 2006 ;
  • Le Renaud, éditions Mango, 2006 ;
  • Chansons complètes, éditeur Points, 2007.

Recueils de chroniques

  • Renaud Bille en tête, édition Point virgule, 1994.
  • Envoyé spécial chez moi, Ramsay, 1996.

Contes pour enfants

Collaboration

  • Avec Jacques Erwan : Renaud, éditions Robert Laffont, 1982
  • Recueil de photos avec Claude Gassian : Renaud, Le Seuil, 1988
  • Recueil de photos avec Claude Dityvon : Mai 68, édition Carrère, 1988
  • Avec Régis Lefèvre : Renaud, Dès que le vent soufflera, éditions Favre, 1988
  • Avec David Kuhn : Putain de bouquin, édition Le Marque-Pages, 2006

Renaud a préfacé ou postfacé plusieurs ouvrages, tels que Fonds de tiroirs de Pierre Desproges (1990), Georges Brassens, histoire d'une vie de Thierry Séchan et Marc Robine (1991), Droit dans mes Santiags… d'Hugues Aufray (2005) et Cette chanson qui emmerde le Front national de Baptiste Vignol (2007).

Bande dessinée

Renaud a scénarisé en 1981 une BD homonyme à sa chanson Les Aventures de Gérard Lambert, d’autres de ses chansons ont été à plusieurs reprises illustrées, donnant naissance à plusieurs bandes dessinées dérivées.

Correspondance

Au début des années 1980, est publié l'échange de lettres entre l'éditeur Gérard Lebovici et Renaud. Cette correspondance peu cordiale a abouti à leur rupture.

Autobiographie

En 2016, Renaud publie son autobiographie : Comme un enfant perdu.

Sculpteur

La plus connue de ses sculptures est la tête de Georges Brassens figurant sur la plaque commémorative de la maison qu'il occupa dans le 14e arrondissement de Paris.

Collectionneur

Renaud est un grand passionné de bandes dessinées dont il possède une collection de plus de trois mille pièces (dont plus de deux mille cinq cents ouvrages originaux), notamment de Franquin. En , il vend aux enchères plus de 200 lots issus de sa collection, parmi lesquels une planche originale de Tintin, vendue un peu plus d'un million d'euros par François Tajan.

Œuvres dérivées

Outre les nombreuses reprises de ses chansons, plusieurs œuvres ont été dérivées de l’univers de Renaud et notamment de ses chansons : un jeu vidéo et plusieurs bandes dessinées.

Jeu vidéo

  • 1987 : Renaud : Marche à l'ombre par Infogrames sorti sur Amstrad CPC, Atari ST, Commodore 64, Thomson TO8 et ZX Spectrum.

Bandes dessinées

Killofer a réalisé le livret de rouge sang en en faisant une mini BD. Différentes BD traitent de l’univers de Renaud. La bande dessinée La Bande à Renaud de 1986 a été rééditée et complétée en 2002 puis en 2016.

  • 1983 : Les Aventures de Gérard Lambert : les choses au poing, texte et dessin Jacques Armand, B diffusion (rééditée en 1993).
  • 1986 : La Bande à Renaud, collectif (Margerin, Dodo et Ben Radis, Yslaire, Laurence Harlé et Michel et Claudine Blanc-Dumont, Boucq, André Juillard, Ted Benoit, Thierry Cailleteau, Vatine, Laurent Vicomte, Walthery, Arno, Walter Minus, Dany, Geof Darrow et Chaland), Delcourt (ISBN 978-2-906187-01-6) (édition poche 1988).
  • 1988 : Le Retour de la bande à Renaud, collectif (Uderzo, Cabanes, Geerts, Loisel et Miltidjan, Ptiluc, Michel Plessix et Dieter, Tronchet, Tome & Janry, Arno et José-Louis Bocquet, Jean-Claude Denis, Dominique David et Philippe Berthet, Lidwine, Jano, Tripp, Boucq, Ben Radis, Liberatore et Bob de Moor), Delcourt (ISBN 978-2-906187-15-3).
  • 2002 : Renaud BD d'enfer, collectif (André Juillard, Boucq, Uderzo, Margerin, Dodo et Ben Radis, Yslaire, Laurence Harlé et Michel et Claudine Blanc-Dumont, Ted Benoit, Thierry Cailleteau, Vatine, Laurent Vicomte, Cabanes, Geerts, Loisel et Miltidjan, Ptiluc, Michel Plessix et Dieter, Tronchet, Tome & Janry, Arno et José-Louis Bocquet, Jean-Claude Denis, Dominique David et Philippe Berthet, Simon Léturgie, Rabaté et Chauvel & Lereculey), Delcourt (ISBN 978-2-84055-994-8).
  • 2009 : SOS SPA Tome 2 - Tauromachie, l'enfer du décor, Hubert Chardot et A. Geoffroy (apparition).
  • 2016 : La Bande à Renaud, collectif (André Juillard, Boucq, Uderzo, Margerin, Dodo et Ben Radis, Yslaire, Laurence Harlé et Michel et Claudine Blanc-Dumont, Ted Benoit, Thierry Cailleteau, Vatine, Laurent Vicomte, Cabanes, Geerts, Loisel et Miltidjan, Ptiluc, Michel Plessix et Dieter, Tronchet, Tome & Janry, Arno et José-Louis Bocquet, Jean-Claude Denis, Dominique David et Philippe Berthet, Simon Léturgie, Guérineau, Terreur Graphique, Édith, Rabaté et Chauvel & Lereculey), Delcourt (ISBN 978-2756082233).

Notes et références

Notes

Références

Annexes

Bibliographie

De nombreux ouvrages, thèses et travaux universitaires, sont consacrés à Renaud :

  • Pierre Tesquet, Portrait de Renaud, 1982 ;
  • Régis Lefèvre, Renaud, Dès que le vent soufflera, Robert Favre, 1985 ;
  • Catherine Paris, Hyperstar Renaud : de la zone au Zénith, Édition Tout sur, 1986 ;
  • Thierry Séchan, Le Roman de Renaud, Éditions Seghers, 1988 (ISBN 978-2-232-10080-2) ;
  • Sébastien Inion, Sur le chemin de Renaud, 1995 ;
  • Thierry Séchan, Renaud le livre, 1999 ;
  • Thierry Séchan, Renaud, Éditions Seghers, 2002 (ISBN 978-2-232-12219-4) ;
  • Laurent Berthet, Renaud le Spartacus de la chanson française, Éditeur Christian Bertot, 2002 (ISBN 978-2-86808-180-3) ;
  • Titouan Lamazou, Renaud, vu par Titouan Lamazou, Éditions Gallimard, 2002 (ISBN 978-2-7424-1146-7) ;
  • Thierry Séchan, Renaud, sa vie et ses chansons, Éditions Seghers, 2002 ;
  • Méziane Hammadi, Renaud, de A à Z, Groupe Express Éditions, Les Guides MusicBook, 2003 (ISBN 978-2-84343-176-0) ;
  • Régis Lefèvre, Renaud, deux vies retour gagnant, Éditions Favre, 2003 (ISBN 978-2-8289-0718-1) ;
  • Nicolas Traparic, Renaud au pays des Gavroches, Ste Écrivains Associes, 2003 (ISBN 978-2-7480-1184-5) ;
  • Thierry Séchan, Renaud bouquin d'enfer, Éditions du Rocher, (ISBN 978-2-268-03871-1)  ;
  • Jean-Louis Crimon, Renaud, J'ai lu, Librio musique, 2004 (ISBN 978-2-290-33748-6) ;
  • Fabien Lecœuvre, Renaud, Vade Retro, 2004 (ISBN 978-2-84763-018-3) ;
  • Méziane Hammadi, Renard doux, Renaud féroce, Groupe Express Éditions, 2005 (ISBN 978-2-84343-303-0) ;
  • Delphine Gaston, L'Intégrale Renaud : Tout Renaud de A à Z, City Éditions, 2006 (ISBN 978-2-915320-80-0) (Renaud a souligné de nombreuses erreurs sur ce livre qui est sorti à son insu) ;
  • Sam Bernett, Renaud : J'ai pas dit mon dernier mot, Albin Michel, 2006 (ISBN 978-2-226-15215-2) ;
  • Méziane Hammadi, Parlez-vous le Renaud, Le Bord de l'eau, 2006 (ISBN 978-2-915651-52-2) ;
  • Thierry Séchan, préface de David Séchan, Le Roman de Renaud, 2006 (ISBN 978-2-268-05715-6) ;
  • Thierry Séchan et Jean-Louis Crimon, Renaud raconté par sa tribu, L'Archipel (ISBN 978-2-84187-801-7) ;
  • Baptiste Vignol, Tatatssin, parole de Renaud, Tournon, 2006 ;
  • Régis Chevandier (préf. Pascal Ory), Renaud : foulard rouge, blouson de cuir, etc. : construction d'un personnage social : 1975-1996, Paris Budapest Kinshasa etc, L'Harmattan, (ISBN 978-2-296-02481-6, lire en ligne) ;
  • Olivier Bovenisty, préface de Renaud, Renaud, l'argus énervant, Éditions Didier Carpentier, 2007 (ISBN 978-2-84167-489-3) ;
  • Marc Large et Nicolas Traparic, préfaces de Muriel Huster et Christian Laborde, Renaud des Gavroches, Éditions La Lauze, 2009 (ISBN 978-2-35249-036-4) ;
  • Joanin Emmanuelle, Renaud, ma mère et moi (roman), 2010 (ISBN 978-2-304-02152-3) ;
  • Alain Wodrascka, Renaud, et s'il n'en reste qu'un, 2011 (ISBN 978-2755608649) ;
  • Claude Fléoutier (préface de Thierry Séchan), Renaud, Putain de vie, 2012 (ISBN 978-2354253929) ;
  • Sophie Philip, Renaud, éternel enfant..., 2014 (ISBN 979-1091882071) ;
  • Erwan L'Éléouet, Renaud : Paradis perdu, 2015 (ISBN 978-2213693880) ;
  • Hubert Mordain, Renaud l'idole , 2015 (ISBN 9782332888587) ;
  • Alain Wodrascka, Renaud, le Rimbaud des faubourgs, Éditions Carpentier, , 160 p. (ISBN 978-2-841-67941-6) ;
  • Baptiste Vignol, Renaud, Chansons d'enfer, éditions Gründ, 2016 ;
  • Stéphane Loisy et David Séchan, Renaud, tournée générale ! : Le Phénix Tour, 2016-2017, Éditions Gründ, , 256 p. (ISBN 978-2-3240-2084-1) ;
  • Hubert Mordain, Renaud le Phénix , 2017 (ISBN 9782414037285) ;
  • David Séchan, Dans l'intimité de Renaud, Best of Company, , 192 p. (ISBN 978-2373364934).

Films documentaires

En 2002, Renaud a fait l'objet d'un documentaire de deux heures intitulé Renaud, le Rouge et le Noir, écrit par Didier Varrod et réalisé par Éric Guéret. Diffusé sur France 3 le , le documentaire a réuni 5,35 millions de téléspectateurs. Un second documentaire est réalisé par Serge Khalfon, et présenté par Laurent Delahousse sur France 2 le  : Un jour, un destin - « Renaud, les raisons de la colère ». Un troisième documentaire, réalisé par Alain Teulère, est diffusé sur TMC le dans la série Il était une fois... - « Renaud ». Un quatrième documentaire, intitulé Renaud, on t'a dans la peau, écrit par Didier Varrod et réalisé par Nicolas Maupied, est diffusé sur France 3, à l'occasion de ses 63 ans, le . Le documentaire Renaud, en plein cœur, écrit par Didier Varrod, est diffusé sur M6, le .

Liens externes

  • Site officiel
  • Ressources relatives à la musique :
    • AllMusic
    • BBC Music
    • Les Enfoirés
    • Last.fm
    • MusicBrainz
    • Songkick
    • (it) Discografia Nazionale della Canzone Italiana
    • (en) Discogs
  • Ressources relatives à l'audiovisuel :
    • Allociné
    • (en) AllMovie
    • (en) Internet Movie Database
  • Dossier « Renaud, morgane de toi », dans les archives de la Radio télévision suisse en ligne.
  • Portail du rock
  • Portail de la musique
  • Portail du cinéma français
  • Portail de Paris

Licence Creative Commons Ce contenu est mis à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Partage dans les Mêmes Conditions 3.0

Source : Article Renaud de Wikipédia

Contributeurs : voir la liste

Auteurs associés

Chaîne Youtube

CD

Afficher "rouge sang"Afficher "Molly malone : ballade irlandaise"Afficher "Renaud"Afficher "Bande à Renaud (La)"Afficher "Bande à Renaud (La)"Afficher "Plein de super ! (Le)"Afficher "Favourite songs"Afficher "A la Cigale"Afficher "Même tribu, vol. 2 (La)"Afficher "Il nous restera ça"

Livre-CD

Afficher "La petite vague qui avait le mal de mer"